Petite introduction : je travaille dans l’informatique, j’utilise des OS libres, et mon moteur de recherche favori n’est pas Google.
Pour en venir à la critique de cet article :
L’article est discrédité dès le chapitre "Definition empruntée à l’Histoire".
D’une part, Wikipedia n’est pas un dictionnaire, mais une encyclopédie collaborative. Wikipedia n’a donc pas pour but de fournir des "définitions", mais des informations factuelles.
D’autre part, on peut très bien par le biais d’approximations soigneusement choisies tranformer tout en n’importe quoi. Et les approximations sont ici largement discutables, particulièrement, le rapprochement de "pouvoir fort" et "d’algorithme", de "l’ensemble des mouvements politiques" à "l’internet", de "métiers" et de "logiciels", de "corporations" et de "services", de "l’opposition" et de la "diversité", des "institutions démocratiques et libérales" et des "concurrents", de la "politique" et de "l’économicofoutoir" ...
1 - L’ensemble des mouvements politiques représente l’ensemble des organisation faisant partie des organisateurs de la socité dans laquelle les citoyens vivent. L’internet, si on prend cette analogie, ça serait la société elle-même. Ici, une analogie pertinente aurait été de remplacer "lensemble des mouvemetns politiques" par "les acteurs majeurs de l’internet" (i.e. l’ICAN, le W3C, la FSF, les associations d’éditeurs, les associatiosn d’utilisateurs, etc.)
2 - Le "pouvoir fort" s’entend par des dirigeants ayant les moyens d’imposer leurs décisions. Alors que le pouvoir fort est un état (au sens de "situation", "instantanné", pas au sens de "nation", "pays" ou "gouvernement"), ce n’est pas le cas d’un algorithme, qui n’est qu’un outil.
3 - Les "métiers" décrivent l’organisation habituelle de l’activité des humains. Les logiciels sont les agents informatiques. Alors que le métier est une catégorie, le logiciel est une entité.
4 - De même, la corporation est une structaration catégorielle, alors que les services représentent des sous-ensembles de groupes logiciels. A ce titre, les "services" représentent plus des "métiers" logiciels.
5 - Je ne connais pas beaucoup de personnes qui adhèreraient à une "marque" avec autant d’intensité qu’à un sentiment d’appartenance nationale (ou communautaire). Lorsqu’on verra des porteurs de Nike organiser le lynchage des propriétaires d’iPod, à la rigueur, mais l’adhesion à une marque est plutôt un consensus mou et volatil (pour l’adhésion ed masse).
6 - On commence à rentrer dans ce qui est un glissement beaucoup plus grave : la confusion de l’opposition et de la diversité. Dans l’aéronautique, il y a une forte opposition entre Airbus et Boeing. Pourtant, il n’y a pas de diversité. Dans un écosystème, il y a diversité, mais il n’y a pas d’opposition (en simplifiant, et en considérant qu’il est rare que deux espèces occuppent la même niche écologique)
7 - Encore plus grave. Bien qu’elle soit vantée par l’Europe et les improprement nommés libéraux comme la condition d’une bonheur éternel, la concurrence n’a rien à voir avec la démocratie. Il me semble que rapprocher l’existence de concurrents d’une institution démocratique et libérale est hautement contestable. Par exemple, le marché bancaire est emminement concurrentiel. Pourtant, l’opacité est tout sauf démocratique.
8 - Enfin, confondre comme des notions voisines un contrôle politique - c’est le rôle de la politique - et un contrôle économique, technique et médiatique - c’est à dire par des acteurs commerciaux impliqués dans le domaine -est une dérive grave. C’est exactement en substancece que demandent tous ceux qui veulent des armées privées, par exemple. Est-ce que le contrôle par une organisation de marchands d’arme, parce qu’ils maitrisent le domaine par construction, serait plus pertinent que le contrôle par les élus ? Non, bien sur. Pourquoi alors faire ce rapprochement ?
Déjà, l’utilisation de la définition est douteuse. Mais même en souscrivant à ces rapprochements hasardeux, c’est faux.
1 - Google est très loin de contrôler l’internet. Ce n’est pas parce qu’en Europe, et dans une moindre mesure en Amérique, il est écrasant qu’il est la société la plus puissante. Microsoft, Baidu, et d’autres sont des rivaux largement en mesure de contester cette supposée suprématie.
2 - L’algorithme utilisé par Google, pour avoir été novateur, n’est pas le seul, et ne constitue pas quelquechose d’unique. C’est bien plutôt la notoriété acquise par son statut de précurseur dans le domaine, son approche commerciale qu’on pourrait qualifier d’aggressive, et sa diversification y compris dans des secteurs non rentables, qui ont fait de Google le géant d’aujourd’hui. Si on parle d’algorithme, alors il faut le mettre au pluriel, et pas qu’un peu, compte tenu du nombre de services ou logiciels proposés par Google aujourd’hui.
3 - Google est une société qui vend de l’espace publicitaire, essentiellement. Elle passe par des services qui font appel à des logiciels, certes, mais son coeur de métier, c’est l’offre de services et de publicité.
4 - Partant, l’organisation de son offre ne constitue qu’un particularisme même pas particulier (cf. Microsoft ou Apple, apr exemple)
5 - Il est cependant exact que Google s’appuie sur sa notoriété, son statut de "marque". Comme Nike. Comme Vuitton. Comme Apple. Comme Total. etc. A l’exception du Japon, je ne suis pas sur que l’adhésion à son entreprise, ou à une marque, puisse toutefois s’apparenter à un sentiment "nationaliste".
6 - Il y a clairement des oppositions à Google, dans tous les domaines où Google est implanté. Les moteurs de recherche ? Exalead, Microsoft, baidu pour ne citer que les plus connus. Les fournisseurs de mail ? Yahoo, Microsoft, Orange, etc. Les vidéos (Youtube=Google) ? Dailymotion par exemple. Le navigateur internet ? Mozilla, Opera, Lynx, Safari ... Google n’est de plus pas dans le créneau des sites communautaires. C’est comme en France : l’opposition existe, n’est pas pas forcément en mesure de contester la domination actuelle de la "majorité" (Google étant ici cette "majorité"), si on reprend l’analogie utilisée par l’auteur de l’article. On remarque de plus la grande diversité des opposants, et sans même parler d’opposant, l’immense diversité des acteurs du net, que ce soit dans le domaine du libre ou du propriétaire. Ce n’est pas parce qu’il y a des manques de notoriété qu’il n’y a pas de diversité. Pire, dans de nombreux cas, Google participe et finance certains projets concurrençant ses propres activités !
7 - Le point précédent vaut évidemment d’exemple pour montrer qu’il n’y a pas lieu de parler de "rejet de la concurrence"
8 - Il ne me semble pas que les acteurs économico-médiaticao-techniques soient les mieux placés pour contrôler un hégémonisme googlien. Aux Etats-Unis, apr exemple, la loi anti-trust a fait plier AT&T et Microsoft. En Europe, le politique contrôle aussi la concurrence et les entreprises. Bref, compte tenu de la modération de Google par le pouvoir politique (par exemple, hélas, en Chine comme il est dit dans l’article), Google est loin de "contrôler", mais il est bien "contrôlé", et par les seuls institutions pertinentes, à savoir les états et regroupements d’états.
Pour le reste de l’article, c’est une resucée assez complète de ce qu’on peut reprocher à Google, mais pas seulement à Google, et les liens donnés sont assez intéressants.
Quel dommage que l’entrée en matière et le point Godwin initial discrédite le contenu et l’auteur...
29/03 18:46 - LeManu
"Chez Google, tout est gratuit" Deneb, vous les appelez, vous leur demandez (...)
29/03 15:51 - roquetbellesoreilles
D’ou l’intérêt d’utiliser un moteur de recherche du genre : (...)
29/03 15:34 - roquetbellesoreilles
Voici un moteur de recherche aussi performant que celui de Google, mais qui n’enregistre (...)
24/03 15:47 - anvil mac lipton
Comment connaissent-ils votre ville ? Ben, tout bêtement par l’adresse (...)
24/03 11:20 - Martin D
nous vivons dans un monde egoiste et egocentrique...le plus puissant détruit le plus faible, (...)
24/03 07:48 - Deneb
Google a compris quelque chose d’important. Quand les autres crient : "je ne (...)
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