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Commentaire de J. GRAU

sur L'horreur démocratique


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Jordi Grau J. GRAU 21 avril 2009 21:35

Sans vouloir répondre à la place de Monolecte, M. Guezenec, il me semble que votre ironie est plus brillante que véritablement intelligente. Il est certain que la vie n’était pas enviable dans l’Empire soviétique ou en Chine. Mais ces dictatures « communistes », paradoxalement, entretenaient l’espoir d’une autre société que la démocratie capitaliste. Bien entendu, la plupart des communistes et « compagnons de route » (comme Sartre) étaient victimes d’une illusion qui confinait au délire lorsqu’ils tournaient leurs yeux attendris vers les paradis communistes de l’est. Mais cette illusion leur donnait la force de critiquer l’ordre établi.

Après la chute du mur de Berlin, on a dit : « C’est la fin des idéologies ». En réalité, c’était fin de l’idéologie communiste (sous ses formes marxistes-léninistes et maoïstes en tout cas). Mais ce n’était certainement pas la fin de TOUTE idéologie. Ce qui a triomphé - jusqu’à la grave crise que nous sommes en train de vivre - c’est le libéralisme, qui est tout aussi idéologique que le marxisme-léninisme. Encore faut-il préciser qu’il s’agit d’un libéralisme particulièrement intransigeant et sans nuances. Il a été érigé en dogme politique dans les années 90 sous le nom de « consensus de Washington » et appliqué avec zèle par bon nombre d’Etats et institutions internationales (FMI, OMC, Banque Mondiale...).

C’est pourquoi les modèles sociaux et économiques sont devenus moins divers. A la grande époque de l’idéologie communiste, beaucoup d’Etats occidentaux connaissaient un compromis social entre les travailleurs et les capitalistes. Ce compromis avait des formes variées suivant les pays. Avec le grand tournant néo-libéral de la fin des années 70, puis la chute du mur de Berlin, tous les gouvernements ou presque se sont tournés vers les Etats-Unis et le Royaume-Uni remodelés par Reagan et Thatcher. En Europe, l’Union européenne a joué un rôle important dans cette mutation économique et sociale : instauration d’une concurrence fiscale, commerciale, sociale, avec pour résultat une dislocation des compromis socio-démocrates qui avaient été instaurés entre les années 30 et les années 70.

Sur tous ces points, je vous renvoie à Joseph Stiglitz, La grande désillusion, à Serge Halimi, Le grand bond en arrière,  et à Naomi Klein, La stratégie du choc.


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