Je ne suis absolument pas d’accord avec Elisabeth Badinter et j’observe que les questions que Libération lui posent sont conçues de manière à orienter les réponses dans le sens de la thèse de la dame.
L’instinct maternel fut un mythe que les féministes ont dû démonter pour expliquer que les femmes pouvaient faire autre chose que reproduire et que leurs droits et leur condition ne devait pas être ramené à cette unique fonction.
Maintenant, nous avons des arguments et suffisamment d’expérience pour relativiser cette déconstruction de l’idéologie sous-tendue par le mythe de l’instinct maternel.
Pour ma part, je pense en effet que des femmes comme des hommes éprouvent un instinct maternel ou paternel qui ne ressemble pas tout à fait à celui dont on peut observer les effets chez les animaux - et encore, le monde animal n’est pas homogène, j’ai vu des femelles bouffer leurs petits et des mâles sauter leur progéniture ou la protéger- puisque les humains ont d’autres ressources que celles guidées par ce qui pourrait être un « pur instinct ».
Je connais aussi de nombreuses femmes qui n’ont pas d’enfants par choix et d’autres qui n’aiment pas pouponner. Tout comme il y a des hommes qui ont une forte envie d’enfant et adorent pouponner.
Prétexter que la GPA serait anodine parce que l’instinct maternel n’existerait pas me semble être surtout une position idéologique qui n’a rien à voir avec les réalités.