Article intéressant. Qui me confirme dans mes impressions.
Beaucoup de commentaires pertinents.
Et tout cela est bien triste eu égard à certains services rendus par la franc-maçonnerie.
Comme toute organisation, dans sa multiplicité, elle n’est plus qu’un vaste champ de pouvoirs sociaux.
C’est une dérive normale. Ils furent en quelques sortes les prêtes intéressés de l’Esprit des Lumières. Il ne reste plus des Lumières que les intérêts.
C’était une organisation qui au xviième et au xviiième siècles brassait en son sein des gens de conditions sociales différentes. On pouvait être du Tiers Etat et être plus élevé en hiérarchie interne qu’en position sociale observable. Les critères d’élévation étant différents car la seule naissances ne suffisait plus. C’était effectivement une continuité religieuse si on se souvient que l’Eglise a été le seul véritable vecteur de mobilité sociale dans l’ancienne société : par le savoir on pouvait connaitre une évolution sociale que les cheminements ordinaires n’auraient pas autorisé sans remettre profondément en cause les pouvoirs sociaux institués.
Oui, la franc-maçonnerie est une secte. Il en est de même des Eglises. Et j’irai jusqu’à avancer que les associations politiques en sont d’autres.
Ce qui est dommage, dans les unes comme dans les autres, aujourd’hui, c’est que les hommes et les femmes de conditions modestes n’ont plus aucune chance de participer à la vie publique. Il reste le droit de vote, mais il est lui-même vide de sens.
Je crois que la crise franc-maçonnique est à l’image de tout ce qui nous arrive collectivement et trans-nationalement.
Si Yavhé était, il frapperait ces générations et les jetterait au désert jusqu’à ce que le temps et l’expérience aient produit une nouvelle génération plus humble et moins matérialiste. Le XXème siècle est le siècle de la chosification des hommes. Quelle sera nôtre métaphore ?
En suivant la voie des affaires, du libéralisme (vidé de sa philosophie) et du relationnel discret, la franc-maçonnerie est devenue une organisation médiocre. Un club de businessmen a aussi ses lieux, ses rites, ses rencontres...on y fait de l’argent entre gens de même espèces...entre gens riches et vénaux. Ce qui fait aparaître certains intelligents, c’est leur capacité à mettre sur les routes d’informations. Ils ont l’air de toujours savoir quelque chose de plus que les autres, d’avoir part au secret des dieux du temps, d’être eux-mêmes investis d’un pouvoir divin... pauvres hommes, mortels qui ont oublié la leçon de Qohélet.
L’apparat et le décorum n’ont pas empêché les palais et ceux qui les occupaient de déchoir. Ils retardent le moment inexorable de la fin. Ils sont illusoires.
Dommage.
Par un non-franc-maçon.
Salutations au Hérisson dont j’aime bien les articles pour le courage montré.