Ah ben , ma petite dame, le cerveau humain est bizarement fichu. En lisant votre prose, le passage sur la promiscuité métropolitaine a allumé une veilleuse dans le sud de ma mémoire. Elle me parle de Pierre Desproges, et de ce passage (que je cite de mémoire, qu’il me pardonne).
« A cause de ces pingres de Roux et Combaluzier, me voilà serré à cet inconnu pour un voyage de 4 étages étonnament lent. Lui, le corps et le visage tourné vers les boutons de commande, moi derrière, tentant de ne pas respirer trop fort et masquant le silence de quelques raclements de gorge. Et là, tout à coup, l’impensable, l’indicible me vint à l’esprit : malgré le tombé impeccable de nos costumes sombres, le silence de bon aloi de quarantenaires revenus de tout, je réalisais, avec vue sur cette nuque rougeaude qui sentait le tabac, que nous nous trouvions dans la position parfaite de la sodomie verticale.
Cette pansée ne me quitta pas le long de ces 4 étages de malheur, avant que le gong de la porte ne nous libère ».
Voilà, c’était un Monsieur qui ne lisait pas le Figaro mais écrivait dans l’Aurore, et qui le faisait bien. Il ne se demandait pas comment il allait mourir, puisqu’il est tout à fait mourru, comme dirait votre petit garçon , et même que nous on ne s’en remet pas , vu qu’il fait rien qu’à nous manquer, et qu’il n’a pas été remplacé, ce billet en atteste.
PS : Personnellement, j’aimerais pas crever un dimanche, mais c’est chacun ses goûts.