Les Ouïgours hors du Turkestan oriental : de l’exil à la formation d’une diaspora
Dans les autres pays Xinjiang une zone de passage, de nombreuses ethnies cohabitent, grâce aux diverses vagues de colonisation qui se sont succédé : populations indo-européennes (
Tokhariens et
Saces, ces derniers étant de
langue iranienne) originellement nomades et qui se sont sédentarisées sur place, puis populations
xiongnu, proto-turques,
turques et enfin proto-mongoles. Les dernières recherches archéologiques ont mis au jour de nombreux corps très bien conservés dont la plupart pourraient avoir été ceux de Tokhariens ou de Saces. Ils datent des
IIe millénaire av. J.-C. et
Ier millénaire av. J.-C.. Le Xinjiang actuel résulte de siècles de lutte entre les dynasties chinoises et les peuples colonisateurs.
Situés sur la Route de la soie, les Ouïgours ont joué un rôle important dans les échanges culturels entre l’Ouest et l’Est, et ont développé leur propre culture et civilisation. Le khan Bögü des Ouïgours se convertit au manichéisme après avoir pris Chang’an (Xi’an) en 762, et de précieux manuscrits datant de la fin du Ier millénaire ont été trouvés au Xinjiang et au Gansu, au nord-ouest de la Chine : superbes enluminures de Qoco près de Tourfan, importants textes religieux découverts par le sinologue Paul Pelliot dans les grottes de Mogao près de Dunhuang.
Le rapport à l’Islam