Point de vue
La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa par Pierrette Fleutiaux
LE MONDE | 04.07.09 | 14h28
Si
j’étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un
être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la
nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de
pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l’homme, la société
doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler
une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la
ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont
naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du
devoir de l’homme respectueux de l’ordre divin.
Cependant,
peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l’interprétation de la
loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les
yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du
niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée,
mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de
contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On
imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous
son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche
mentale.
Une solution serait de l’aveugler totalement, par le moyen d’un bandeau
ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à
écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches
auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l’homme et ses
fils, conduire les fils de l’homme à l’école, et faire toutes choses
qui dégagent l’homme des tâches matérielles, facilitent l’exercice de
son vouloir et son étude des textes sacrés.
Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes
portent la burqa, qu’ils s’approprient ce vêtement que dévoie trop
facilement la femme. L’homme est beau, l’homme est la création première
de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté
de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.
Voyez l’homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée,
justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras
que montrent les chemisettes d’été, les pieds dans les sandales, les
fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les
poitrines mâles et les visages nobles. L’homme croit avoir mis la femme
à l’abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En
réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.
L’homme en burqa brisera net l’élan pervers de la femme. Ces yeux
brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un
mur. Ainsi privée dans la journée, elle n’en sera dans sa maison que
plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.
Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu’elle ne
manquera pas de se choisir. Son regard s’épuisera sur les autres
femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa
futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l’homme.
Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à
l’homme. Il s’y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il
saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et
respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et
indispensable communauté masculine.
ORDRE DIVIN Repoussons cette croyance absurde qu’il faudrait voiler les
femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles
d’autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l’idée que
l’homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses
désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s’éveille
aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer
l’œuvre de chair. L’homme a en lui la force de l’âme et le respect
naturel de l’ordre divin. L’homme n’a rien à craindre des misérables
appâts de la femme.
Enfin, reconnaissons qu’il y a grand danger à abandonner les fils de
l’homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur
nuire. À l’homme de prendre en charge l’homme dans le nourrisson, à lui
de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive
accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers
l’extérieur, qu’elle s’en aille piailler dans les assemblées publiques,
mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l’homme. La
dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa. La burqa est faite pour
l’homme.
Écrivaine
Pierrette Fleutiaux
13/08 22:41 - Varuna
Souvenez-vous des accords de Munich.... « ils » avaient sauvé la paix ! Je pense qu’il y (...)
30/07 14:40 - algfr
30/07 14:36 - algfr
Je vous cite : " Nom d’une pipe ! J’ai failli être d’accord pour une fois (...)
25/07 11:21 - alcodu
Vous êtes donc opposée au principe de la liberté d’expression et vous voulez que cette (...)
24/07 23:13 - sara
Je trouve normal de ne pas permettre les ideologies extremistes de s’exprimer, le nazisme (...)
20/07 15:07 - armand
alcodu, C’est pour cela que je suis plus modéré que certains. Un signe (...)
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