En fait, ce « débat » est révélateur d’un syndrome assez connu en matière de littérature (et j’imagine en peinture, mais je n’y connais presque rien).
Ce que j’appelle le « syndrome de la midinette » (qui frappe des gens qui n’ont rien de midinettes).
C’est à dire ceux qui lisent les livres en disant « j’aime, ou j’aime pas ».
Comme ils disent « quel super acteur , j’adore ses yeux verts ». « Céline, pouhah, il écrit mal, il parait qu’il était anti-sémiste ».
Moi, j’admire d’autant plus les bons acteurs qu’ils « n’avaient pas les armes au départ » : les Jean Bouise, les Roland Blanche.Ceux qui ne pouvaient se contenter de ramener leur geule pour que « ça le fasse »
La littérature, c’est une technique. Seul quelqu’un qui écrit (ou au minimum quelqu’un qui a passé quelques années de sa jeunesse à désosser le moteur pour voir la carcasse et le chassis) peut juger (indépendament de savoir si l’histoire est belle, plait ou non, si l’auteur est chauve ou gros) si « c’est du bon boulot »ou pas.
Bizzarement, les gens comme moi qui n’y connaissent rien en maçonnerie , se contentent de dire d’un mur : ça a l’air droit, ou « c’est lisse » ou non. Pas si c’est solide ni si c’est construit dans les règles de l’art.
Mais en littérature, tout le monde a son avis, sans seulement reconnaitre une litote, une alitération, une abyme, un appel/ contre appel.
Tant mieux pour les libraires, ou ce qu’il en reste.