Bois-Guisbert,
Tout un débat, là, qui me rappelle l’excellente émission sur la Citadelle de Bitche il y a quelques jours. Le problème du franc-tireur c’est qu’il veut le beurre et l’argent du beurre : on me prend les armes à la mains, je veux être traité comme prisonnier de guerre ; j’arrive à me fondre dans la population civile, et alors on me doit la protection qu’on réserve aux civils.
Les Prussiens ont effectivement dénoncé cette attitude en 1870.
On pouvait adresser la même critique aux bandes sudistes aux USA qui ont continué la guerre après la reddition de Lee, en sombrant dans le brigandage et le terrorisme.
La conception classique c’est que la guerre a des règles, un début, une fin, qui encadrent strictement la violence. Une fois le litige réglé, les armes se taisent et des deux côtés on se le tient pour dit.
SEULEMENT la guerre moderne, comme vous l’avez fait remarquer, entraîne deux phénomènes monstrueux. Tout d’abord, celui, idéologique, qui fait que l’on cible la population civile en raison de son appartenance ethnique, religieuse, politique. Et puis les fameux ’dommages collatéraux’ - désormais on tue plus de civils, même sans intention, que de militaires.
L’hypocrisie des Allemands en 1940 c’est qu’ils réclamaient le respect formaliste du droit de la guerre, interdisant les activités de francs-tireurs, tout en pratiquant la terreur contre les populations civiles. Ce qui n’était le cas ni en 1870, ni en 1914. Si on fait la guerre aux civils, c’est normal qu’ils répondent. A leur façon.