Malgré les vacances parlementaires, le débat va bon train sur la réforme santé d’Obama, dans les éditoriaux comme dans les assemblées municipales. L’Expansion.com fait l’état des lieux d’un modèle qui ne fonctionne pas.
Les Américains dépensent beaucoup d’argent sur la santé : plus de 2 mille milliards de dollars par an, soit 7400 dollars par personne, ou 16% du PIB. De l’argent apparemment mal employé, puisque les Etats-Unis ne figurent qu’en 37ème place du classement OMS des systèmes de santé.
Des programmes publics à la fois insuffisants et sous-exploitésDans son blog, Paul Krugman rappelle souvent à tous les libéraux qui craignent une implication gouvernementale, que l’Etat est présent depuis longtemps dans le système, et que c’est d’ailleurs « grâce à cela qu’il fonctionne à peu près. » De fait, les programmes publics se chargent déjà de 46% des dépenses médicales, selon les analystes de la Kaiser Family Fondation. Pour commencer, le « Medicare », établi en 1965, assure les invalides et les plus de 65 ans qui n’ont pas d’assurance privée. Avant sa mise en place, 40% des personnes âgées n’avaient aucune protection. Il y a ensuite le « Medicaid », qui concerne plus de 40 millions d’Américains à bas revenus. Cependant, de nombreux Américains, comme ceux qui n’ont pas d’enfants, ne sont pas éligibles. Et la moitié de ceux qui seraient éligibles ne s’inscrivent pas, par manque d’information ou par crainte du stigmate.
Les assurances par les employeurs en déclin60% des personnes en âge de travailler sont assurés par leur employeur. Au niveau individuel, une police d’assurance coûte environ 4700 dollars par personne par an, et entre 13 000 et 17 000 dollars pour une famille de quatre personnes. Depuis 25 ans, les primes ont augmenté plus que les revenus et que l’inflation. « Cette formule marche assez bien, en grande partie parce qu’elle est réglementée par le gouvernement », explique Paul Krugman. Le client paie entre 15 et 25% de l’assurance de sa poche et l’entreprise paie le reste. Mais les petites et moyennes entreprises ne peuvent pas toujours se le permettre. La part d’entre elles qui offrent une police est ainsi passée de 67 à 38% entre 1995 et 2008 selon le National Small Business Association. Même dans les entreprises qui proposent une couverture, certains employés n’y ont pas accès, comme les travailleurs à mi-temps ou en période d’essai.
Les contrats individuels rétroactivement annulablesEntre 5 et 6% des personnes en âge de travailler achètent leur assurance sur le marché privé. Il s’agit du système le plus défectueux.L’option privée coûte souvent moins cher que la police proposée en entreprise, environ 2600 dollars par an, mais elle est entièrement à la charge du client et est bien moins généreuse dans les remboursements de soins. En plus, la prime peut s’envoler si le client présente un historique médical. D’ailleurs, les assureurs ont le droit de le refuser.
« Une fois que les compagnies d’assurance acceptent un client, elles font tout pour éviter de payer ses soins », s’indigne Paul Krugman. Gare à ceux qui ne lisent pas attentivement les conditions écrites en tout petit caractères à la fin du contrat...L’électricien Rick Reckoway en a fait l’amère expérience : quand son fils de 12 ans a commencé à souffrir de problèmes cardiaques et respiratoires, il s’est cru protégé par son assurance. Sauf que les remboursements étaient plafonnés à 100 000 dollars. Il croule désormais sous 700 000 dollars de dettes.
Pire, l’assurance se réserve le droit d’annuler rétroactivement le contrat. Il suffit qu’elle prouve que le patient avait omis, lors de l’inscription, un détail sur son passé médical. Une compagnie d’assurance a par exemple réussi à échapper au remboursement d’un traitement anti-cancer d’une cliente, en prouvant qu’elle n’avait pas mentionné l’acné de sa jeunesse dans son formulaire. Un formulaire à la limite du compréhensible. « Avez-vous déjà eu une attaque ischémique transciente ? », est par exemple la 14ème question du dossier de la compagnie Assurant. Même son PDG a dû reconnaître qu’il n’avait pas la moindre idée de ce que c’était lors d’une audience devant le Congrès en juin dernier ...(Voir la vidéo ici)
Les assureurs ripostent que seulement 0,5% des contrats sont annulés chaque année. Un chiffre trompeur, calcule le blog Taunter : la compagnie ne se donne la peine de chercher à annuler un contrat que si l’assuré nécessite un remboursement important. Or seulement 1% de la population a des coûts médicaux supérieurs à 35 000 dollars. Si l’on rapporte les annulations à la part de la population véritablement susceptible de se faire retirer son contrat, le risque de perdre sa couverture s’élève à 50%.
46 millions de non assurésPrès de 46 millions d’Américains, dont 8 millions d’enfants, seraient dépourvus de couverture médicale. Les raisons sont multiples : ils ne peuvent pas se la payer, ou ils ne sont pas éligibles à l’assurance publique, ou encore ils choisissent tout simplement de ne pas prendre d’assurance. Première conséquence : le surendettement . Plus de 77 millions d’Américains de plus de 19 ans auraient des difficultés pour payer leurs factures médicales.
Certes, toute personne, même sans assurance, peut se faire soigner aux urgences. Mais on lui présentera la facture après. D’où l’hésitation de nombreux non-assurés avant d’aller à l’hôpital. Une hésitation qui peut s’avérer fatale, puisqu’une intervention tardive aux urgences ne peut remplacer les consultations régulières permettant d’identifier une maladie avant qu’elle ne s’aggrave. Selon l’institut de recherche Urban, le manque d’assurance est à l’origine de 27 000 décès évitables par an aux Etats-Unis
19/08 19:07 - bobbygre
Bof ; Au contraire, je trouve que les disparités sont flagrantes entre les deux « plans de (...)
19/08 18:32 - bobbygre
Le débat sur l’utilité de prolonger la vie d’un mourant à l’hopital est tout (...)
19/08 18:29 - bobbygre
Pourtant, quand on voit parfois les centaines de milliers d’euros (je n’exagère (...)
19/08 18:26 - bobbygre
sélectionner les personnes à guérir Vous vous rendez compte de l’horreur que vous dites (...)
19/08 14:04 - Bertrand
J’ajoute l’article de Lee Siegel « Obama’s euthnasia mistake » : (...)
19/08 11:55 - Bertrand
C’est vrai que formellement, pousser les vieux à se laisser mourrir et les priver des (...)
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