Une bonne question constitutionnelle à poser à nos dirigeants - QUI a le pouvoir de vendre les stocks d’or ?
Quand l’or était au plus bas le brillantissime Gordon Brown a bazardé la moitié de l’or de la Banque d’Angleterre...
Je soupçonne un vide juridique - ces stocks d’or étaient détenus depuis l’époque où l’or ETAIT la monnaie, définie en termes de poids d’or - le franc Germinal, par exemple. A l’heure actuelle, l’or n’est qu’un avoir comme un autre, aux côtés des réserves de devises. Mais concrètement, à qui appartient-il ? Jadis, à tous les détenteurs d’un billet portant mention d’une promesse de payer en or, à l’heure actuelle à la Banque ? Au Peuple français ? Au Ministre des Finances ?
Autre exemple du statut complexe de l’or - la Constitution U.S. stipule toujours que seul le Congrès peut créer de la monnaie « en espèces d’or et d’argent ». Or le gouvernement fédéral s’est toujours octroyé le droit de créer de la monnaie fiat en cas de besoin - Lincoln pendant la guerre de Sécession, Roosevelt en 1933... Il est à noter que le décret de FDR interdisant la détention d’or n’a été suivie d’aucune mesure concrète de confiscation - toute monnaie réputée « de collection » - donc, frappée avait 1933 - échappant à la règle. Mais quel symbole !
De toute façon, le débat sur l’or est au moins autant psychologique qu’économique - les ’jeunes’ économistes ne veulent voir en l’or qu’une ’relique barbare’ (Keynes) et tirent dessus à longueur de temps. Sans doute parce que l’étalon or impose de facto des limites à la création de monnaie ex nihilo ; d’autres, en revanche, tiennent l’or pour la seule VRAIE monnaie.
On notera, par exemple, que la France, qui fait de tout modernisme une règle inflexible sous ses dehors conservateurs, est devenue anti-or dans ses sphères officielles - dites à votre banquier que vous voulez acheter non pas un investissement miracle (style Natixis... ?) mais tout simplement de l’or, et il fait une crise d’urticaire. Ou vous lance un sourire géné comme si vous étiez un simple d’esprit.