Pourquoi associez-vous « Georges Bernanos », « Maurice Blanchot », « Maurice Barrès », « Paul Déroulède » en posant la question de savoir si des établissements portant leur nom devraient être débaptisés ? Qu’est-ce ces auteurs sont supposés avoir en commun ? S’agit-il de leur origine politique en lien avec une droite dite nationaliste, comme celle de l’action française ? Savez-vous que de Gaulle, ainsi qu’un grand nombre de résistants, et Mitterrand lui-même, étaient, plus ou moins, issus de cette tendance nationaliste, au moins dans leurs contextes familiaux, et souvent dans leurs convictions personnelles ? Par la suite, la monstruosité nazie, la 2nde guerre mondiale, la collaboration du régime de Vichy, et les positions des uns et des autres en faveur du fascisme, du nazisme, ou de la résistance ont pour ainsi dire clarifié la donne... Pour ce qui concerne Bernanos, je vous renvoie au blog de Jean Daniel, du « Nouvel Observateur », et à son article « de toute son âme » (publié le 9 septembre), non pour l’article en lui même, sans intérêt majeur, mais pour les réactions qui suivent, elles-mêmes beaucoup plus instructives. On y trouve ainsi un texte, très éclairant, sur Bernanos, précisément en réponse à un débat sur le fait de débaptiser ou non un collège portant, lui, le nom de Klebber Haedens. Bernanos fut sans doute l’un des plus ardents défenseurs de la liberté, et ses engagements au moment de la guerre d’Espagne et plus tard auprès de la France libre sont là pour en attester. Encore faut-il le lire... Bernanos s’est d’ailleurs, pour ainsi dire, « libéré de l’action française », avec fracas, en 1932. Plus tard, l’extrême droite ne lui pardonnera jamais d’avoir écrit « les grands cimetière sous la lune », dans lesquels il stigmatise avec violence les horreurs du franquisme et la collaboration de l’église espagnole avec celui-ci. Dès le début de la guerre, il est résistant. Maurras, lui, voit en Pétain une « divine surprise »... Reprocher à Bernanos ses origines politiques, c’est un peu comme si on reprochait à Malraux d’avoir été communiste dans sa jeunesse. Même B.H.L, ce scribouillard de pacotille , a fini par reconnaître en lui un homme qui fit « honneur à la France » - ce qui prouve qu’il ne faut désespérer de rien et que seuls les imbéciles de changent pas d’avis. De plus, la voix de Bernanos est de plus en plus en actuelle (voir, notamment, « La France contre les robots ») pour qui se donne la peine de le découvrir. On a dit trop de choses injustes sur cet auteur, dont Albert Camus disait « Cet écrivain de race mérite le respect de tous les hommes libres ».