L’allusion à Obama fera sourire les amateurs des guignols de l’info, mais bien entendu l’analogie s’arrête là.
Il faut tout d’abord remarquer que Mr Dolium n’est pas le seul candidat « typé » du MoDem puisque, bien que nous ne connaissions qu’une douzaine de têtes de liste potentielles pour ce parti, et si l’on exclue l’outre-mer, il existe au moins une autre candidature de ce type, en la peronne de Mr Begag, en Rhone-Alpes (et sur 3 députés MoDem, l’un est aussi métis, Mr Aly).
L’auteur pose une double question : Mr Bayrou a t-il été raciste, ou au moins biaisé envers les personnes de couleur (et il se referait une « virginité » par cette candidature), et la candidature de Mr Dolium n’est-elle qu’un coup marketing.
A la première question, il me semble que l’on peut sans trop se tromper répondre par la négative. Sans doute Mr Bayrou a t-il pu dans sa jeunesse penser, comme beaucoup, qu’un candidat de couleur présentait moins de chance de réussite électorale qu’un autre, mais depuis de nombreuses années, il ne semble pas y avoir eu de discrimination de ce type, voire même l’inverse, de la part de Mr Bayrou (souvenons-nous que le président du CRAN est issu de l’UDF), et celui-ci n’a jamais, dans ses propos publics ou privés, laissé supposé une telle attitude. On pourrait même penser que la philisophie, voire sa foi, sont à l’opposé d’une telle vision.
La seconde question est beaucoup plus légitime.
Que le choix de Mr Dolium réponde à des éléments de visibilité médiatique, cela ne fait aucun doute. Il en va de même dans les autres partis : Europe-Ecologie débauche à tours de bras dans la société civile, l’UMP pousse ses ministres populaires et Mme Yade y a une place éminente etc ; Seul le PS est plus timide à cet égard, principalement car il doit soutenir ses sortants, dont beaucoup ont été élus par surprise en 2004, et demeurent peu connus du grand public.
Pour autant, il me semble que ce choix s’imposait au MoDem pour plusieurs raisons :
- le MoDem n’avait aucun élu d’envergure connu en Ilede-France, région qui focalisera bien entendu l’essentiel de l’attention des média
- la popularité assez faible du MoDem actuellement ne lui permettait pas de trouver un candidat célèbre parmis la société civile (signer pour le Modem, c’est de plus s’assurer d’une haine tenace de la part du président de la république et de son parti, il faut donc ne pas être exposé ou être très courageux...)
- le MoDem ne peut se permettre actuellement de guerre internes trop violentes, ce qui n’aurait pas manqué d’être le cas si la compétition avait été ouverte entre petits chefs de la région
- Plus que son origine métis, ou en tout cas en plus de cette origine, Mr Dolium présente surtout un parcours « exemplaire » d’un enfant de classe défavorisée, issue des banlieues, de famille monoparentale, qui a su s’élever par son travail et sa volonté dans l’échelle sociale, et accompagner cette montée par des activités associatives variées dans le même sens. Il contraste donc avec les candidats principaux dans cette région, d’autant qu’il vient de la sphère privée et non publique. Le tout, accompagné d’un certain charisme, en faisait un candidat potentiel intéressant, que l’on pourrait comparer à Aziz Senni, qui avait aussi été « poussé » par Bayrou à Mantes-la-jolie en 2007, avant un parcours plus médiatique que politique.
Le risque pour Bayrou est double :
- son inexpérience politique ne dervait pas être trop handicapante dans cetet campagne assez courte, mais pourrait se révéler plus ennuyeuse à long terme, si Mr Dolium prend la tête d’un groupe MoDem au conseil régional, où les intrigues politiques sont nombreuses. Il lui faudra donc apprendre vite...
- plus ennuyeux, son manque de vision globale pour la région, même s’il a déjà identifié quelques problèmes clés liés aux ghetos sociaux, aux problèmes des PME ou au déficit de proximité. Il lui faudra porter un vrai projet pour la région pour être crédible au delà de sa simple personnalité, aussi intéressante et attachante soit-elle, pour espérer convaincre au delà de son électorat de base et placer le MoDem en situation d’arbitre dans cette élection. Gageons que son parti, qui n’est généralement pas à cours d’idées, lui proposera un projet intéressant, encore-faudra t-il qu’il s’en empare et le défende en convaincu.
Si sa première prestation sur RTL a été correcte sans plus, il a semblé prendre ses marques lors de l’émission de France 2 hier soir en étant plus convainquant, et sa présence récurente aux guignols de l’info lui assure une visibilité inespérée. Son défi sera d’apparaitre comme un leader crédible et non de simple témoignage ; Rendez-vous dans quelques semaines pour l’heure de vérité, lorsqu’il lui faudra affronter les coups qui ne manquerons pas d’arriver...
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