Enseigner l’arabe ? quel arabe ? Au Maroc, on parle derija. Un Egyptien ne le comprend pas.
Le meilleur arabe, le pur, le vrai est celui du Coran. Beaucoup de termes coraniques sont incompris. En outre, l’arabe est une langue religieuse. Comme si en français, on ne pouvait pas dire « merci » mais seulement « Dieu merci ». Comme si en latin, Ciceron n’existait pas, mais seulement Saint Augustin et les Pères de l’Eglise. Dans toutes les librairies du Maroc, les textes en arabe sont religieux. Encore plus sur les marchés publics. Aucun écrivain arabe, à ma connaissance, n’a écrit un livre de science-fiction, mais je crois même qu’aucune traduction de science-fiction n’existe en arabe (et toujours : quel arabe ?). Les élèves apprennent à écrire en psalmodiant le Coran.
Une anecdote. A l’époque de la querelle sur le voile, je suis allé à la Courneuve, dans la cité des 4000, pour flairer l’ambiance (je ne crois pas les journaux). Dans le RER, je rencontre une jeune et jolie voilée. Joignant l’utile à l’agréable, j’engage la conversation. Puis je parle du voile. Son père tenait un magasin de foulards. Bon. Elle allait suivre des cours d’arabe dans un centre ouvert par la communauté européenne (tiens donc !). Je lui demande quels textes elle lit. Elle ne comprend pas. La question ne se pose pas. C’était le Coran. Je lui parle des Mille et Une Nuit. Connait pas.
Dans les maisons marocaines, vous avez la télé, et la bibliothèque se réduit au Coran. Même chez les pauvres, en France, vous avez souvent au moins un Larousse. Wallou ! Que Dalle !
Un livre suffit.
Enfin, vous avez le dramatique exemple de l’Algérie qui arabisa complètement l’enseignement 20 ans exactement avant la déferlante islamique. Les seuls profs d’arabe disponibles étaient les imams. Comme si l’enseignement du français était confié aux Jésuites ne faisant lire que des prières, de la théologie, et des encycliques papales.
Quand on a compris celà, pourquoi l’Europe finance t-elle l’enseignement de l’arabe en France ? Devinez.