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Commentaire de Indépendance des Chercheurs

sur Retraites : la douche froide à venir


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Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 20 mars 2010 11:25

A Julien,

Malheureusement, c’est bien pire que cela. A la limite, un président de la République n’est pas obligé d’être un expert en économie s’il est entouré d’une équipe compétente. Sauf que Sarkozy a été lui-même ministre de l’Economie et des Finances en 2004...

Mais le mal est plus profond. Il touche tout le tissu de ministres , conseillers, membres de cabinets, « directeurs », parlementaires influents, énarques et « hauts fonctionnaires » divers... à « droite » comme à « gauche ».

A de rares exceptions près, tous ces gens vivent (très bien !) à base de quelques « vérités » sommaires et récurrentes sans aucune base réelle, pondues pour plaire aux lobbies industriels et financiers.

En mai 2008, nous écrivions déjà, à propos des exportations de capitaux et des délocalisations industrielles, recherche et haute technologie comprises, qui ont conduit à la crise actuelle  :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/05/07/recherc he-scientifique-et-technologique-ou-est-la-guerre-eco.html

Recherche scientifique et technologique : où est la « guerre économique » ?


(...)

La responsabilité du monde politique dans la dégringolade est également très lourde.

Avant la réunion de Seattle du « Millennium Round » de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 1999, le site du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie français (Dominique Strauss-Kahn) diffusait la « brillante analyse » du rapport Lalumière sur les « négociations commerciales multilatérales », dont voici un extrait :

«  La libéralisation des échanges offre deux avantages essentiels : elle permet, d’une part, la spécialisation des activités et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accroît, d’autre part, les débouchés qui s’offrent à chaque industrie et conduit donc à une réduction de ses coûts. (...) ... les travailleurs les plus qualifiés voient leurs services de plus en plus valorisés. Leur production trouve de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Ils bénéficient d’une demande croissante et leur rémunération s’améliore  ».

(fin de citation)

On retrouve les mêmes lieux communs dans les déclarations de juin 2003 de l’alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Francis Mer au journal Les Echos, avec également une « profonde analyse » :

«  Il y a des métiers industriels qui ont été délocalisés vers des pays à bas salaires : cela s’appelle la spécialisation internationale du commerce. (...) C’est ce phénomène qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l’Europe se mobilise sur l’innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...)  ».

(fin de citation)

A présent, après deux décennies de délocalisations financières et industrielles, on nous dit soudain que « la guerre économique fait rage  ». Avec qui ? Avec les pays destinataires de « nos » délocalisations ???? Le Nouvel Observateur vient de diffuser un dossier, DVD compris, avec le titre «  Ce que cache le « Made in China »  ». Mais qui a organisé le dumping social à l’échelle planétaire, si ce n’est les auteurs (occidentaux) des délocalisations financières ?

(fin de l’extrait)

En réalité, on sort de l’ENA avec un statut de « haut fonctionnaire » à vie, avec un niveau d’études inférieur à celui d’une thèse de 3ème cycle. Voir, à ce sujet, nos articles :

Université, doctorat, Europe et grandes écoles (I)

Université, doctorat, Europe et grandes écoles (II)

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/


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