Ce n’est pas tant la négation de l’existence d’un peuple palestinien qui est pertinente lorsqu’on s’intéresse à la pensée sioniste mais la négation d’un déroulement historique dans cette région entre la fin de toute influence politique juive dans l’Antiquité et les débuts du mouvement colonisateur sioniste.
Dans cette perspective, le sionisme souvent présenté comme un simple nationalisme juif montre à quel point il diverge et des nationalismes classiques et de la pensée colonialiste classique :
Le nationalisme émerge généralement de la convergence entre Histoire et Espace : donc revendique l’occupation historique d’un territoire donné : le sionisme lui opère dans une autre dimension : Histoire et Espace sont séparés : le Territoire pouvant être considéré selon la pensée sioniste comme avoir été en état de suspension : en dehors de l’Histoire :
C’est là où le sionisme malgré sa présentation areligieuse, voir athée répond à une mécanique religieuse ou tout au moins se fonde sur un substrat religieux : le Judaïsme et le concept de Terre Promise : la négation de l’existence d’un peuple palestinien ou le peu d’importance que les fondateurs du sionisme accorde aux indigènes de cette région renvoie directement à la Bible : ce territoire est par décret divin un territoire juif pour l’éternité : il est donc placé en dehors de l’Histoire qui elle concerne l’Humain et non le Divin : ainsi on peut faire abstraction de deux millénaires d’histoire, et donc de l’évolution autant démographique qu’ethnique ou culturel de ce territoire :
En cela le sionisme peut être considéré comme le seul nationalisme a-territorial et anti-historique : il opère dans un autre registre : nous sommes bien plus du Religieux que des mécanismes habituels de formation du nationalisme :
D’ailleurs bien que l’opposition au sionisme areligieux soit généralement le fait des courants religieux juifs : ceux-ci en Israël n’ont aucun problème à considérer que les terres conquises par les sionistes incroyants soient dés lors définitivement acquise à Israël : ici la nation confondue avec le peuple dans son alliance : terre sauvée ou rédimée revenant de droit au peuple élu : ainsi est confirmé ce substrat religieux qui a toujours influencé et conditionné les rapports entre sionistes et les autres.
Dans une optique coloniale classique, le colonisateur ne nie pas l’indigène : d’ailleurs généralement il traite avec lui : simplement il le considère comme inférieur : ou plutôt considère son rôle historique ou destin comme supérieur : le soutien occidental à la création de l’état d’Israël opère la jonction entre dimension religieuse du sionisme et cette notion de supériorité ethno-centrée et d’emblée occulte ou ignore cette dimension particulière du sionisme : d’ailleurs la seule raison valable dans l’absolu du déni du peuple palestinien fut bien de considérer le destin du peuple juif comme supérieur à celui du peuple indigène : quelque soit le nom qu’on lui donne.
Bien entendu cela conduit et conduira à un impasse car dans les schémas coloniaux hsitoriques : deux options possibles lorsque les différences culturelles sont trop importantes pour permettre une coexistence équilibrée : 1) remplacement de la population indigène par extermination massive (Amérindiens, Aborigènes,etc…) 2) chute du système colonial (expérience coloniale européenne en Afrique, Asie, etc…ou Algérie française, Afrique du Sud, etc…)
Israël étant définitivement une enclave exogène du point de vue culturel dans l’espace oriental sémitique : d’où l’absurdité de la négation du processus historique entre Antiquité et débuts de la colonisation sioniste : autant le territoire que les peuples ont changé et dans le cas présent le peuple juif : qui dés lors qu’on s’intéresse à la société israélienne apparaît définitivement comme non seulement un peuple occidental mais aussi avoir été indo-européanisé : les figures archétypales de la société sioniste (Rabbin, Soldat, Colon) renvoyant bien plus à la répartition tripartite indo-européenne qu’à une quelconque culture sémite ou orientale : nous nous retrouvons donc avec les deux options citées précédemment : extermination ou dissolution : le statu quo n’en étant pas puisqu’il s’apparente bien plus à une évolution toujours plus violente qu’à une quelconque stagnation.
12/04 09:35 - Senatus populusque
La formule de Clermont- Tonnerre en 1790 : « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et (...)
11/04 15:20 - caramico
Je compte les points : les sionistes sont battus à plate-couture Quand ils comprendront que ce (...)
11/04 08:55 - volpa
10/04 18:21 - coleporter31
Ce texte, comme tant d’autres, qui ne fait que reprendre la thématique de la propagande (...)
10/04 17:29 - Noor
article trés interessant et pertinent dommage que ca trolle autant
09/04 18:39 - Cléa
Rouge noir Vous supposez la question et la réponse. Enfin un singe intelligent.
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