Dans le cas de l’émission « les infiltrés », c’est la méthode que je remets en question. Au lieu d’utiliser des méthodes plus traditionnelles et plus déontologiques comme l’interview de pensionnaires, proches et parents, membres du personnel et responsables d’établissement à visage découvert, on préfère user d’une méthode à plus faible coût et plus spectaculaire.
Ce genre d’émission est une nouvelle dérive de la télé après les reality-show et autres.
N’avait il pas d’autre moyen de réaliser un reportage sur ce sujet, personne ne s’était jamais plaint ? Tandis que comme ça, on préfère, incognito, infiltrer un groupe, une institution, une société plutôt que de réaliser un travail de recherche, recoupement, déposer des demandes d’interviews, attendre les accords, etc. Mais bien sûr, tout cela est plus fastidieux, allons directement à l’essentiel et spectaculaire !
Tous les sujets passés et à venir de cette émission seront réalisés sous ce prétexte que ce n’était pas possible autrement ?
Quand à la question que pourrait se poser un journaliste devant des cas de figures comme révéler des délits et crimes, poser sa caméra et sauver une victime ou la filmer agonisant, prendre les armes ou pas dans un conflit, il doit faire un choix.
Soit il informe le public via son journal, son reportage et la police peut utiliser ces renseignements pour agir soit il garde pour lui l’information au risque d’être considéré comme complice. Cela peut paraître hypocrite de se retrancher derrière la déontologie journalistique en disant que j’ai fait mon boulot, la police est maintenant au courant et peut faire le sien mais c’est dans le but recherché. Le journalisme cherche à informer, la police a arrêter toute personne commettant délits & crimes.
Pour les cas de conflit, de sauver quelqu’un, soit la personne arrête son travail de journaliste et s’engage, soit il continue de relayer les informations le plus impartialement possible. Jouer le double jeu n’est pas possible.