Article qui laisse un gout désagréable au lecteur, en mettant sur le même plan la violence des propos contre une religion d’une écrivain, et la violence exercée envers cette écrivain.
Talisma Nasreen attaque l’islam en temps que religion, notamment en raison de l’interprétation qui en est souvent faite à propos de la place de la femme dans la société.
En suggérant la nécessité de réécrire le coran, dont l’interprétation a de toute façon été l’objet de multiples exégèses au cours des siècles, elle entend avant tout souligner les utilisations abusives de la religion qui sont faites dans certains pays pour opprimer ou rabaisser les femmes (ce qui n’a d’ailleurs rien de spécifique à l’islam, mais c’est son expérience propre). En cela, elle exerce un droit légitime que de très nombreux ecrivains et philosophes ont aussi utilisé avant elle, envers diverses religions, et à propos de diverses oppressions.
Critiquer une religion, même de façon virulente, est un droit. Et imaginer qu’une religion puisse êter ébranlée dans ses fondements par une telle critique est évidemment ridicule. En réalité, la violence des propos et actions contre Talisma Nasreen n’est pas liée à des éléments religieux, mais bien par la remise en question de la domination patriarcale qu’exercent les hommes sur les femmes dans de nombreuses régions en se réclamant de l’islam. Et c’est cette remise en question de la société, et non de la religion, qui est bien la raison de la fureur des extrémistes, qui utilisent ensuite des arguments « religieux » pour atiser le courroux des fidèles.
Les propos qu’utilisait mon illustre homonyme envers le catholicisme et le clergé du 18ème siècle n’avaient guères à envier ceux de Talisma Nasreen contre l’islam.
Quant aux propos de l’auteur suggérant que Talisma Nasreen ferait mieux de s’attaquer au problèmes d’alphabétisation ou de pauvreté plutôt qu’a l’islam, ils sont non seulement hors sujet (chacun mène le combat qu’il souhaite), mais surtout négligent le lien direct entre éducation des filles et pauvreté, et la soumission et l’absence d’éducation des filles entretenue dans certaines régions musulmanes (même si l’islam encourage l’éducation de tous), justement en raison de la confusion entre patriarcat et islam.
Cet article est donc dérangeant.