Article intéressant mais il n’y a pas vraiment de quoi s’étonner..
Je rappelle ce que je disais il y a maintenant 6 mois dans mon appel aux artistes à se mobiliser.
J’ai d’autre part eu la chance de rencontrer dernièrement Joël De Rosnay lors d’une conférence qu’il faisait dans ma région, et j’ai profité de la dédicace d’un de ses bouquins pour lui poser la question : « Que pensez-vous de la Loi DADVSI et d’une éventuelle Licence Globale ? »
Sa réponse laconique m’a surpris : « Les deux sont dépassées ! »
Pas eu le temps d’en discuter plus avant car les gens faisaient la queue pour une signature mais s’il me lit ici -et je sais que oui- il me reconnaîtra. (Joël, mon email est dans votre base de données )
J’aimerais bien savoir... Dépassées, oui, d’accord, mais dépassées par quoi ?
Car enfin, les DRM sont une funeste ineptie (et je suis poli, on est sur Agoravox ! ;c)), tout le monde est maintenant d’accord là-dessus y compris les propres promoteurs de DADVSI contraints et forcés de com-prendre le vent de l’histoire. Mais si la LG est elle aussi dépassée, que va-t-on mettre à la place pour rémunérer un tant soit peu les créateurs (musiciens, cinéastes, écrivains, auteurs de photos, de logiciels, etc.) ?
Je ne suis pas d’un naturel frileux, mais quand j’entends que les livres papiers se vendent d’autant mieux qu’ils sont aussi en libre accès sur le Net, je suis très surpris car voilà 8 ans que je suis éditeur virtuel, à la fois pour mes propres écrits et pour ceux (choisis) d’autres auteurs inédits. J’étais convaincu de faire oeuvre de pionnier en publiant sur le Net dès 1998, et je l’ai faite en effet, mais — sauf à vendre de la soupe sous forme de pub — il n’en reste pas moins que ce qui rapporte à un auteur c’est la publication dans « le monde reel ».
Je ne suis pas prêt à ingurgiter de la pub à toutes les sauces pour accéder à une oeuvre quelle qu’elle soit. Et je suis sûr que des millions de gens pensent la même chose. Mais sans une LG, je ne vois pas le moyen pour la culture de se passer de l’économie libérale. Or, cette économie libérale n’est plus libre. Elle est captive de quelques-uns qui la contrôlent.
Comment fait-on ?
