Votre transposition du fonctionnement du privé à celui du public est trop simpliste !
Dans le secteur privé, le dirigeant à, presque tous les pouvoirs, et sa hiérarchie est là pour faire appliquer ses directives - en prenant bien sûr quelques décisions de son propre chef, mais toujours dans le cadre de la direction définie au sommet. Il n’existe presque pas de contre-pouvoir - aux niveaux décisionnels en tout cas. de plus, la patron est souvent là pour longtemps - en tout cas une durée indéterminée, même s’il s’agit de mandats. Il est donc raisonnable de lui attribuer la responsabilité d’un dysfonctionnement grave de l’entreprise.
C’est extrêmement différent dans un système politique. L’élu dispose certes de nombreux pouvoirs, mais pour le fonctionnement de l’Etat, il est obligé de composer avec l’Administration, détentrice du véritable pouvoir public. Les exemples sont nombreux d’hommes politiques ayant cédé à l’Administration - je ne suis pas du tout là pour parler du bien-fondé de leurs décisions, simplement du rapport de forces - (par ex. Allègre et l’Educ Nat., Sautter et Bercy, etc.). Comme de toute façon l’élu a, en tant que tel, une durée de vie limitée, il est facile pour l’Administration de laisser pourrir un dossier et attendre un nouvel élu ! Il est donc beaucoup plus compliqué dans le secteur public d’identifier un responsable et de la faire condamner juridiquement. La condamnation par l’opinion est, elle, très simple à obtenir mais il s’agit là de 2 choses fort différentes, à ne surtout pas confondre.
« L’irresponsabilité des États nations et la confiance aveugle que le peuple continue à leur vouer laissent pantois. » me laisse pantois
: l’Etat-Nation, EST le peuple. C’est justement ce qui sépare l’Etat d’avant la Révolution, où l’Etat c’est le Roi, de l’Etat d’après la Révolution... Vous vouliez certainement parler de l’irresponsabilité des dirigeants... Ce qui amène un autre débat : pour moi le dirigeant politique contemporain n’a pas de pouvoir, contrairement à ce qu’il prétend et à ce que nous croyons ! La fonction élective moderne n’est pas une fonction de pouvoir, mais une fonction de représentation... mais c’est un tout autre sujet !
Cordialement