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Commentaire de sisyphe

sur Rebondissements explosifs dans l'affaire Bettencourt


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sisyphe sisyphe 26 juin 2010 09:17

Un mal qui répand la terreur,
Mal que les banques en leur fureur
De profit, répandirent dans tous les pays
La Dette(puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour Wall Street et la City
Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A essayer de payer d’exorbitants crédits ;
Entretemps la crise avait sévi ;
Plus moyen de payer
Baisse du pouvoir d’achat
Les fins de mois se raccourcissaient :
Plus d’argent, partant plus de joie.

Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dépensé plein de pognon
J’ai toujours adoré la dépense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Au Fouquet

Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit influer sur toute justice
Que le plus minable périsse.

- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, côtoyer yachts, bling-bling, Rolex
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les montrant beaucoup d’honneur.
Et quant au juge l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
  Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.

Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.

  L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Que devant une banque passant,
La faim, l’occasion, l’envie, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je pris quelque crédit dont je fis la demande.
J’y avais été incité puisqu’il faut parler net.

A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Souscrire des crédits ! quel crime abominable !
Quand de les payer on se trouve incapable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

p.c.c. Jean de la Fontaine (de jouvence, puisqu’encore tellement d’actualité)...


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