J’en oublais le principal
Avant 1789 donc, et ça n’a changé que progressivement jusqu’en 1980,il y avait parler et parler.
C’est une chose de discuter l’achat d’un poisson, c’est autre chose de discuter avec un Louis devant une Cour en De Machin de la tour de Truc.
La Préciosité, c’était l’acmé de la sophistication élitiste (ce qui prouvait que même pour les aristocrate, il fallait jouer de virtuosité verbale) et le film Ridicule en donne une bonne idée ; On y voit un nobliau Bressois très correctement instruit, intelligent et ouvert d’esprit, se faire mettre en boîte à Paris parce qu’il ne sait pas parler la langage de la Cour.
J’ai particulièrement insisté dans mon article sur le fait que même ou encore Giscard et Balladur, cherchaient à maintenir une distance, autant dire une hauteur artificielle, en recourant à une langue que ne partageaient pas la masse (Alors que Giscard avait aussi essayé de la jouer « Moi, l’aristo, je viens vers vous en jouant de l’accordéon » )
Et j’ai précisé que ce n’est que sous Mitterrand que le sommet a renoncé à jouer d’une hauteur artificiellement entretenue par un écart de vernis culturel.
A ma connaissance, mais je connais si peu de choses, il aura été le premier chef à utiliser la langue d’en bas en même temps qu’il a voulu un maximum de bacheliers. (dont on peut se douter que les élitistes contesteront la valeur)
Je maintiens donc qu’avant ce virage, en 1880 et plus encore en 1800, il était très difficile pour la masse des Français de tutoyer linguistiquement parlant, les personnalités au pouvoir.
Une des raisons qui font que dans un procès, il y a un avocat aux côtés de l’accusé, c’est que bien souvent, le malheureux ne comprend même pas ce qu’on lui reproche. Problème de langue.
Et je disais donc qu’Internet est en train d’accélérer et d’achever le nivellement du langage, ce qui conduit à la démocratie directe