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Commentaire de NICOPOL

sur Darwin s'est trompé… ou plutôt il a été trahi par les darwinistes


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NICOPOL NICOPOL 27 octobre 2010 14:18

Cet article m’a, je dois le dire, un peu interloqué.

Je passe sur l’inénarrable prétention de son auteur, qui nous affirme tout de go avoir dans ses cartons une « révolution » qu’il n’hésite pas une seconde à comparer à la révolution copernicienne, avant de brocarder ses besogneux et « obscurantistes » scientifiques qui doivent s’effacer devant le génie intellectuel et spirituel du Philosophe...

Ensuite, quelques affirmations bien rapides sur les « erreurs » de la théorie de Darwin, sans aucun fait scientifique pour appuyer ces dires, mais seulement (cf les articles auxquels il renvoie) un vague verbiage déconnecté du réel de l’observation et de l’expérimentation, et sans grand rapport avec la science.

Que nous dit Darwin ? (1) que les espèces vivantes ont une capacité interne à la variabilité ; (2) que dans un milieu donné, et sous contrainte de saturation des ressources, les espèces ou individus les mieux adaptés l’emportent sur les espèces ou individus les moins adaptés ; (3) qu’il ne peut y avoir d’ « effet de rupture » au cours de l’évolution (par exemple, « apparition » de la vie, de la conscience, de l’esprit, de la religion...), et que donc tout ce qu’on observe chez l’homme doit FORCEMENT avoir, sous une forme ou une autre, un antécédent au cours de l’évolution, dont il dériverait par différence de degré mais pas de nature (ce que ne contredit pas l’idée de « propriétés émergentes » qui sont, surtout, des illusions d’optiques de l’observateur humain).

Tout cela est totalement tautologique, en fait ; c’est, plus largement, une déclinaison du « principe de stabilité » à l’œuvre à chacune des échelles d’observation, et selon lequel une structure plus stable, et bien... est plus stable, et donc résiste mieux et dure plus longtemps. Y aurait-il un phénomène expérimental ou observable dans la nature qui échapperait totalement à la théorie darwinienne et remettrait celle-ci en question ? On aimerait bien savoir lequel. A moins que vous ne confondiez « darwinisme » et « théorie du gène égoïste » ???

Quand à son « incomplétude », c’est évident : Darwin n’a jamais prétendu avoir découvert une « loi totale » qui expliquerait tout, et s’est bien gardé de tomber dans les mirages de la métaphysiques (« pourquoi y a-t-il une loi de l’évolution », « pourquoi y a-t-il quelque chose », « qu’est-ce que la vie » etc.) : en bon scientifique, il se limite à son domaine, qui est celui de l’évolution du vivant.

Pour finir l’auteur nous livre cette ronflante proclamation :

"Pendant longtemps, les biologistes ont tenté d’expliquer la vie à partir de l’évolution. Maintenant, il faut expliquer l’évolution à partir de la vie. C’est tout simple. Remettre la vie au centre ontologique, à l’instar du soleil placé provisoirement au centre de l’univers par Copernic."

L’auteur peut-il bien nous expliquer ce qu’il entend par cet alignement de mots ? « Expliquer l’évolution à partir de la vie »... Ca veut dire QUOI, exactement, en termes scientifiques ?

Enfin bon, c’est sans doute ça la différence entre la science et la philosophie : pour l’une, des énoncés rigoureux et logiques reliés aux données du réel, pour l’autre de belles formules auto-suffisantes destinées à briller dans les salons et sur les forums (à défaut de convaincre les maisons d’édition)...

Tout ceci me semble une tentative vaguement anthropocentrique d’un « philosophe » pour s’infiltrer, tel un croyant, dans les failles actuelles de la science pour y faire son beurre. Mais les failles de la science ne se comblent pas par des « théories philosophiques » décrétées par quelque intellectuel de comptoir parisien, elles se comblent par le génie d’une poignée de scientifiques comme Darwin, Copernic, Einstein ou Planck, et l’inlassable travail de ces « laborantins » anonymes que vous traitez avec autant de mépris.


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