Ah, j’oubliais !
"Faut-il rappeler que dans la pratique, lorsque le premier ministre est
nommé il signe une lettre de démission non datée qu’il remet au
président de la république ?«
La pratique, si elle existe, est tout bonnement géniale, non ? Robert Mugabe ne ferait pas mieux. Ça nous ramène au fameux : »Mais pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans je commence une carrière de dictateur ?« Le fait est que cette référence à une lettre de démission du Premier ministre ne figure nulle part dans la Constitution.
Dans les faits, les régimes autocratiques ne deviennent des dictatures que progressivement, par glissements successifs, comme le fait d’avoir une constitution écrite, à laquelle se surajoutent pas mal de pratiques non écrites, en tout cas, toujours dissimulées au peuple. C’est ce que les experts appellent »l’esprit des institutions".
Un détail quand même : le gouvernement, par l’intermédiaire du Premier ministre, répond de sa politique devant l’Assemblée nationale, élue au suffrage universel direct. Ça veut dire que le gouvernement est responsable devant le peuple, via ses élus. C’est la raison pour laquelle la lettre de la Constitution n’a pas prévu d’autre responsabilité que celle-là. En clair : révoquer un gouvernement soutenu par une majorité d’élus du suffrage universel revient, précisément, à violer ledit suffrage universel en allant contre l’avis des représentants du peuple, ce que fit Pompidou avec Chaban-Delmas.
Mais au fait, il me semble que quelqu’un avait placé sa candidature à la présidence de la République sous le signe de la rupture !