Toujours la même problématique
L’artiste n’est pas son œuvre
L’œuvre pour peu qu’elle fasse sens échappe à l’artiste
Et devient élément constituant d’une époque
Puis de la culture d’autres époques qui viennent après
Combien de décennies m’a-t-il fallu pour digérer la chose ?
Un gros enculé de fils de pute
Pour utiliser le langage de l’époque nôtre
Peut être capable de produire
Une sacrée putain d’œuvre artistique
J’en prend pour exemple significatif :
Qui d’entre nous refuserait de lire François VILLON aujourd’hui ?
Aujourd’hui...
Nous, nous sommes confrontés à de vrais dilemmes
Comme les contemporains de VILLON
Lire CELINE, c’est lire... CELINE
Et le bougre n’est mort que six mois avant ma naissance
C’était un intellectuel, à la plume incomparable
Qui, en tant que antisémite, pendant l’occupation
A fourni la caution morale à tous les sincères génocidaires de son époque
Pami d’autres, s’il n’y avait eu que lui...
Célébrer « Voyage au bout de la nuit », ce pamphlet contre la guerre ?
Oui !
Célébrer CELINE tout entier, homme et œuvre ?
Non !
Mes parents m’ont racontés « l’occupation » qu’ils appellent « la guerre »
Alors célébrer CELINE, ?
Non !
De mon vivant, j’en suis incapable
Un exemple plus près de nous qui a soulevé DES passions
Noir Désir
Bertrand CANTAT
L’oeuvre
La vie
La musique
Les textes
Alors je vous propose la solution transitoire suivante
Ne célébrons pas CELINE aujourd’hui
Laissons à nos successeurs le soin de prendre la distance qui nous sépare de VILLON
Pour savoir s’ils célébreront CELINE ou non
A ce propos, François VILLON est -il célébré aujourd’hui ?
Non.
Son œuvre reste, mais mis à part un film dans lequel Florent PAGNY joue si mal ?
Qui héroïse VILLON ?
Personne
Comme quoi j’ai foi dans les gens encore...