La bienséance « politiquement correcte » a introduit l’expression
« les gens du voyage ». Par exemple on peut trouver dans les médias des
informations du genre : « le vol des métaux a été commis par un groupe
de gens du voyage ». On entendant ce genre d’information on peut se
demander : « les gens du voyage sont sans doute des gens qui voyagent
sans cesse, donc ce sont peut-être les chauffeurs routiers qui ont
commis ce vol, à moins que ce ne soit un groupe d’hôtesses de l’air ? ».
Pourquoi en général, et pas uniquement dans le cas des « gens du
voyage », on propage des expressions « politiquement correctes » ? Le
but visé semble être celui d’introduire délibérément une confusion, de
masquer la vérité, afin de rendre confus et donc difficile le débat sur
les questions de société. Dans la terminologie administrative française
ce terme « les gens du voyage » désigne en réalité ce que l’on nomme
habituellement les Tsiganes (terme utilisé partout en Europe), les
Gitans ou les Manouches (ces deux derniers termes étant utilisés dans
les pays francophones), ou les Roms (terme plus récent), qui sont un groupe racial ethno-racial qui malgré les métissages garde les
spécificités de ses origines indiennes. Les Tsiganes, que l’on
rencontre partout en Europe, ont conservé une langue d’origine indienne. En France,
avec la confusion introduite par l’expression « les gens du voyage », on
constate qu’actuellement dans leurs commentaires des faits divers les
médias utilisent souvent les interprétations suivantes : l’expression
« les gens du voyage » désigne les Tsiganes français, l’expression « les
Roms » désigne les Tsiganes roumains.
Rappel des faits historiques :
En partant du nord de l’Inde les Tsiganes (prononcé [tsigan]) et les
Rajputs sont venus en Europe du nord à partir du IXème siècle. Ensemble,
ils forment la Romani Cel – le peuple tsigane – d’où leur surnom de
« Romanichels », mais ils se nomment eux-mêmes Romané Chavé. La graphie
recommandée par l’Académie française est tzigane (avec un [z]) mais les
Tsiganes préfèrent écrire ce mot avec un [s] parce qu’il ne correspond
pas à la prononciation du mot dans leur langue. En français, le mot Roms
au pluriel se prononce sans le -s, ce qui donne [ròm]. Le lecteur
trouvera une bonne description de l’identité des Tsiganes dans l’article
« Les Tsiganes ».