La haine de soi fait de grands ravages. La société française est malade de cette perversion. Alors on peut s’interroger sur ce que peuvent ressentir tous les immigrés, Français récents ou en attente de le devenir. Que comprennent-ils à ce phénomène ? Comment peut-on encore s’illusionner sur nos capacités d’intégrationl si nous nous détestons nous-mêmes ? J’ai eu l’occasion de discuter avec des cadres du Front national « non relookés ». Des militants de la première heure.
Eh bien, ce n’est pas beau à entendre. Selon eux, les « nouveaux Français » n’ont pas vocation à rester en France. Il s’agirait, dans leurs rêves les plus fous, de revenir sur les conditions de naturalisation qui ont fait de ces millions d’étrangers des Français, par le vote d’une Loi défrancisant tous ceux qui seraient arrivés en France à partir de 1962. Le fait que Marine Le Pen reste très évasive sur la qualité de « Français » de certains de nos compatriotes fait froid dans le dos. Seraient visés nos compatriotes d’origine extra-européenne et uniquement ceux-là. Le FN est un parti xénophobe. Et Marine Le Pen a beau déclarer que bon nombre de militants et cadres du Front sont d’origine étrangère, il n’en reste pas moins vrai que chez les militants « ancienne formule », il existe un racisme et un antisémitisme pathologique. Marine Le Pen veut-elle faire le ménage dans ses rangs comme elle le prétend ? Veut-elle encore ménager ses militants historiques ? Est-elle sincère lorsqu’elle se réclame de la république et de l’égalité des citoyens ? J’en doute. Même si elle s’évertue à donner des gages, dans le but de dédiaboliser son mouvement. Le dernier numéro de Marianne nous apprend qu’elle est entourée à présent de hauts fonctionnaires, de nouveaux cadres qui travaillent à faire du FN un parti respectable, il n’en reste pas moins vrai qu’il lui sera difficile de gommer les vieux réflexes acquis auprès de son père, dès le plus jeune âge. Ses hésitations sont d’autant plus remarquées qu’elle a le parler franc pour tous les sujets qui ne la mettent pas en danger. La nouvelle version du FN relooké n’a rien à voir avec le FN de son père. Rien de rien, si ce n’est le concept de « préférence nationale ». Le départ de Roger Holeindre (co-fondateur du parti) au soir du congrès de Tours, plaiderait plutôt en sa faveur. A suivre...