@ Cabanel
"lorsque la survie du Japon, voire d’une bonne partie de l’humanité est
compromise, peut-on encore évoquer comme vous le faites d’une "opinion
basée sur l’émotion«
Voilà une question intéressante ! J’y réponds de ce pas !
Je pense qu’on sera d’accord si on dit que, depuis 1986, on ne peut pas dire que la télévision ait vulgarisé au public français ce qui se passe dans nos centrales, leur vétusté, les différents types de centrales existantes ou en projet dans le monde, les comparaisons entre à la fois la radioactivité et la radiotoxicité naturelles et artificielles, le phénomène d’hormesis, les irradiés de Taiwan, les phénomènes de radioactivité naturelle de Ramsar ou de Guarapari, ce qu’implique l’industrie du nucléaire médical, etc.
Bref, depuis 1986, aucun effort de vulgarisation sur le nucléaire. D’aucuns parleraient de »formation« , »formation citoyenne« si on veut employer des mots à la mode.
Partant de là, nous avons, aujourd’hui, un très grave accident nucléaire qui émeut tout le monde (à juste titre et légitimement) et dont la couverture médiatique est de l’ordre du drame.
Par contre, aucune information sur le fait que si Fukushima, autant que nos centrales françaises, sont de vieilles cocotes minutes dangereuses, c’est parce que le système financier international encourage implicitement la nucléocratie de faire toujours plus d’argent avec des techniques vieilles, qu’on fait durer, durer, durer, au risque de tout faire péter.
On a alors beau jeu de dire »ça devait arriver", puisque c’était inévitable depuis la destruction des linteaux de Bretton Woods qui permettaient au progrès scientifique de profiter à tous.
Accuser la science d’être responsable d’une des catastrophes les plus graves que l’humanité ait connues, alors que cette catastrophe est dû à l’arrêt de tout progrès scientifique il y a 40 ans, c’est ce qu’on appelle un sophisme.
Capitaliser sur l’émotion légitime provoquée par cette catastrophe, pour demander un référendum relatif à ce qui est le résultat d’un processus financier imposé par l’Empire financier de La City depuis 40 ans, cela relève de l’incompétence à la fois économique et scientifique.