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Commentaire de Christophe

sur CPE, le silence prudent des patrons...


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Christophe (---.---.58.18) 11 mars 2006 14:37

Vous en appelez à mon sens des responsabilités. permettez moi de vous trouver pour le moins audacieux.

Etant donnés les discutions préalables que nous avions eu, je percevais en vous un sens de la responsabilité évident. Ce sont surtout les usages d’une terminologie à forte portée péjorative dans votre texte qui ne me semblent pas refléter ce niveau et que je regrette ; vous valez mieux que cela, à mon sens.

Sans doute l’audace fait-elle partie de mes qualités / défauts, mais cela permet parfois de faire avancer les débats.

Ce qui pose problème dans le CPE, c’est la méthode de l’imposer par un 49.3 et l’incidence directe du déséquilibre dans les rapports entre un employeur et un employé ; sans compter le manque total et évident de respect vis-à-vis des partenaires sociaux qui n’ont pas été consultés.

Dois-je rappeler que chaque nouvelle théorie économique a porté en elle une part de résistance à ce que Rougier appelle « les forces brutales » : Le libéralisme constructeur admet l’ingérence juridique de l’État pour protéger la libre compétition qui seule permet de sélectionner les valeurs (...). Il se refuse à transformer la doctrine (...) du laissez-faire, laisser-passer, essentiellement militante à ses débuts, en une doctrine fataliste de non-résistance aux forces brutales. Les Mystiques écononomiques (1938).

L’intervention de l’état doit simplement équilibrer le rapport entre les besoins économiques et les droits des citoyens : le libéralisme pose des limites à l’intervention de l’État par la reconnaissance des droits du citoyen, tempère le pouvoir exécutif par le contrôle législatif et le pouvoir judiciaire, protège l’individu contre les abus de la puissance publique, admet la représentation des minorités et les droits de l’opposition, tient grande ouverte la lice où s’affrontent, sous la tutelle de la loi, les compétitions individuelles et se nouent les solidarités sociales... Les Mystiques écononomiques (1938).

Le pouvoir politique ne doit pas, et c’est là un devoir, clore « la lice ou s’affrontent les compétitions individuelles et se nouent les solidarités sociales » en modifiant la loi dans le but de créer un déséquilibre. Certes, il y a compétition en terme de points de vue ; mais n’est-ce pas ainsi que tout individu progresse. Laisser penser qu’une idée est la seule envisageable pour l’avenir est une hérésie mettant en évidence le dogmatisme ambiant. Admettre les différents points de vue est une approche constructive ; les relégués ou les stigmatisés sont totalement à l’opposé. Donc, nous construisons sur les bases de divergences qui trouvent, pour les gens de bonne volonté, plusieurs points de convergence.

Il me faudra donc entrevoir un sujet sur les relations sociales dans les différents pays du monde : à commencer par les organisations syndicales très méconnues par une grande majorité de nos concitoyens. Pour cela, il faut en connaître l’histoire qui porte en elle les comportements et les idées (parfois idéologies) présentes.

Il est cependant, certaines choses à savoir ; particulièrement pour ce qui concerne nos voisins britanniques.

Historiquement, les mouvements syndicaux sont nés pour contre-balancer tant les conséquences économiques et sociales du machinisme durant la révolution industrielle que les théories économiques d’Adam Smith, de Malthus et de Ricardo. Depuis la fin du XVIIIème siècle ont foisonné les unions de métiers en Grande-Bretagne (Trade-Unions) et en Allemagne (Gewerkschaft), les syndicats français, les associations de classe au Portugal (association de clase), .... Ces organisations, contrairement à une idée répandue, font preuve d’un « esprit de classe » bien que leur combativité soit variable. Leur but final reste l’obtention de sérieux avantages acquis par accords constituant le Welfare State (Etat Providence). Cela se vérifie autant pour le cas du syndicalisme corporatiste américain du type AFL, réformiste britannique, allemand et scandinave et Chrétien comme la Confédération mondiale du travail.

Pour information, les niveaux culturels (particulièrement l’influence du communisme) et l’engagement politique varie selon les pays et les organisations. En Angleterre, pays où se sont développés les premières organisations syndicales, les Trades-Unions se sont regroupées en congrès : le TUC. Ce dernier créa, en 1893, le parti travailliste indépendant (ILP). Au congrès des travaillistes, en 1900 est créé un parti politique, le Comité Représentatif Travailliste (LRC), qui deviendra en 1906 le parti travailliste (Labour Party). Le TUC est quasiment la seule organisation syndicale dans le monde qui possède sa branche politique. De plus, en Angleterre, le taux de syndicalisation est l’un des plus élevés ; résultat dû à l’intervention syndicale à l’embauche (pre-entry closed-shop) et le fait d’adhérer au syndicat une fois embauché pour conserver son emploi (post-entry closed-shop). Ces spécificités ne permettent aucunement de pouvoir faire un comparatif comportemental ou idéologique entre les français et les anglais ; mais permet d’entrevoir que les différences comportementales sont héritées par leur histoire et leur législation ; par ailleurs, l’appartenance à une mouvance politique pose le problème d’une certaine cohérence dans la revendication.

Pour les comparatifs des incidences entre les différents systèmes socio-économiques, voir les sujets traités par Anthony Meilland : L’imposture du modèle britannique (http://agoravox.fr/article.php3?id_article=7325) et Comment comparer les modèles socio-économiques ? (http://agoravox.fr/article.php3?id_article=7406)

Pour les différentes mesures socio-économiques dans les pays d’Europe, il faut, là aussi, étudier la question de façon très précise : Situation actuelle et histoire.


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