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Commentaire de easy

sur A votre langue, citoyens !


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easy easy 17 juin 2011 22:13

Sans l’instinct de clan, l’orgueil, la fierté, la prétention, le nationalisme, il y a longtemps que tous les peuples n’auraient été qu’un.

A mon sens, il vaut mieux qu’il y ait des différenciations et des concurrences culturelles.

Et si l’on en vient à se soumettre ou à embrasser l’anglais, c’est trop clairement pour des raisons matérialistes. Alors qu’il y a un siècle, certains d’entre nous se mettaient à l’Allemand pour mieux apprécier Goethe, d’autres, plus rares, à l’Arabe (pendant l’Orientalisme) pour s’enivrer de la poésie Arabe et comprendre le Coran, d’autres au Chinois pour le seul plaisir d’être en pointe de l’échange intellectuel avec eux.

Non vraiment, la systématisation de l’anglais, y compris au niveau des publications scientifiques, est beaucoup trop corrélée au boulot, à l’argent qu’il rapporte, au pécuniaire.
L’anglicisation affirme et confirme notre obsession de l’efficacité matérialiste.

Mais attention les amis. Là on se sent, sans trop y penser, Français point. Et si nous nous sentons tous Français point, c’est clairement parce que Jules Ferry point.

Avant lui, avant l’industrialisation de tout, dont l’enseignement matérialiste et nationaliste, qui a démarré en 1800, nous tiendrions en ce moment et entre nous, des discours bien plus discordants. Et nous aurions un mal fou à nous comprendre (sauf à parler en latin). Dans l’hexagone, Jules Ferry et ses amis ont écrasé toutes les singularités régionales dont les patois et le mot folklore a été péjoré.

C’est pour des raisons de progrès déjà très matérialistes, pas du tout intellectuelles, que les unités de mesure se sont unifiées en France comme dans chaque pays européen et qu’après les premiers expositions universelles, on s’est dit qu’il fallait même uniformiser entre européens, et même partout dans le Monde.

Nous trouvons ridicule que les largeurs des voies de chemin de fer varient encore d’un pays à un autre, qu’ici il suffise d’un triangle rouge dans sa voiture quand en Espagne il nous en faut deux. Et nous avons apprécié l’uniformisation de nos monnaies (tout en pleurant la valse des étiquettes qui s’en est suivi) 
 
Alors mutatis mutandis, si dans un siècle nous ne parlions plus qu’anglais, nous raillerions les derniers francophiles que nous sommes encore.

Dès l’instant qu’on réalise et qu’on admet que ce n’est que le consumérisme qui a fait du XIXème siècle le départ de l’industrialisation et de la normalisation de tout, y compris du mariage, de la mise à mort et de l’amour, que c’est aussi dans cet élan normaliste qu’on a pondu tant de dictionnaires pour standardiser les mots, leur sens et leur orthographe, on doit, pour mieux résister à l’anglicisation, dire que nous avions fait fausse route.

Car tout se tient. Si nous validons le massacre des particularités qui a été entrepris au XIXème au prétexte de gagner en puissance collective, si nous en sommes fiers, nous offrons les meilleurs arguments à ceux qui, pour les mêmes raisons, exigent qu’on aille encore plus loin dans la normalisation de l’Homme.

Bin voui, il faut choisir quelle civilisation nous voulons. Car si c’est celle de l’Airbus, il vaut mieux que nous soyons tous d’accord pour utiliser exactement les mêmes mots avec les mêmes accents sinon badaboum, bobo la tête.
T’imagine, les pilotes des vols internationaux, les contrôleurs du ciel, si chacun parlait son swahili ou son breton ?


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