Tout n’est sans doute pas concerté dans l’évolution économique et politique du monde. Il est certain, par exemple, qu’un chef d’Etat isolé n’a qu’une marge de manoeuvre très réduite à cause de la mondialisation et du poids des lobbys dans son propre pays. Néanmoins, il faut toujours se souvenir que la politique - y compris la politique économique - est menée par des hommes. Les lois du progrès technique et de l’économie (si elles existent) ne doivent pas faire oublier qu’il y a une volonté politique dans la grande régression sociale et démocratique que nous subissons depuis trente ou quarante ans.
A ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller la lecture d’un livre de Serge Halimi (directeur du Monde diplomatique) : Le grand bond en arrière. Ce livre, entre autres exemples, montre comment les travaillistes néo-zélandais ont volontairement cassé un système de protection sociale qui marchait très bien. Plus proche de nous, il faut voir comment les gouvernements français n’arrêtent pas de casser la sécurité sociale et les services publics, soi-disant parce qu’ils y sont contraints pour assainir les finances de l’Etat, alors que par ailleurs ils font des cadeaux fiscaux aux plus riches.
Toute cette évolution n’est donc pas si naturelle que les politiciens nous le disent. C’est d’ailleurs une grande ruse de l’oligarchie que de « naturaliser » un processus historique dont elles sont largement responsables, en se défaussant sur des facteurs impersonnels (le marché, la mondialisation, etc.). Heureusement, de moins en moins de gens croient encore à cette propagande.