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Commentaire de easy

sur Libye : Sarkozy a menti selon la Cour Pénale Internationale


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easy easy 29 juin 2011 18:16

Kadhafi est un cas spécial (comme toujours au fond)

Il est le seul chef, roi ou dictateur, à ma petite connaissance, à avoir affirmé, en substance, qu’il massacrerait les rebelles, disons ceux qui lui résistent. Il ne l’a peut-être pas dit plusieurs fois mais au moins une fois. Même Saddam, n’avait proféré ce genre de menace que contre les Alliés en « Je vous promets un bain de sang »

L’affirmation de Kadhafi a donc gmacé le sang du Monde entier, j’imagine. En tous cas de ceux qui ne cultivent pas le jeu de la forfanterie primaire. 
Il est possible (je n’en sais rien au fond) que pour les Libyens, il soit dans les normes qu’un raïs prononce des paroles aussi dures et qu’ensuite, forcément, automatiquement, il en vienne, disons lorsqu’il gagne la guerre, de pardonner (et il y a effectivement eu des paroles dites dans ce sens) 

Il se peut donc que chez les Libyens, ces menaces soient culturelles et qu’elles n’aient pas été prises au sérieux. Posons donc que les Libyens appelleraient cela « faire sa grosse voix »

Car ici, dans notre pays, au niveau familial, ça exsite ce concept de « faire sa grosse voix » Les pères font souvent ça, (parfois à la demande de la mère) histoire d’impressionner les enfants qui chahutent. Mais cette grosse voix ne débouche sur rien de spécial (et les gosses comprennent vite et ils se marrent) 

Au niveau international, sérieux, adultes/adultes, et en France, la grosse voix, ça semble ne pas exister. Ici, nous aurions donc été très impressionnés par cette grosse voix de Kadhafi (et puis il y a eu les infirmières Bulgares, les attentats qu’il avait organisés ou permis...). Il me semble donc qu’à partir de là, nous aurions été enclins à lui attribuer sinon des bains de sang, en tous cas de véritables intentions d’en commettre.

Partant de là, chaque fois qu’une éventualité de bain de sang semblait se produire, nous le lui créditions. D’autant que nos chefs prompts à lui faire la guerre n’auront rien dit pour nous rassurer sur ce plan. Au contraire.

Le procès de Kadhafi était donc déja parfaitement chargé à bloc avant qu’il ne tue qui que ce soit. 


Ce n’est qu’au fil des mois que progressivement, l’opinion des Français s’est mise à basculer un peu. Un peu seulement.

Et là, la CPI livre les chiffres les plus sûrs et nous voilà marris. 

Si au terme de trois mois de guerre, avec toutes ses armes sol sol, Kadhafi n’a tué que 800 personnes, et au cours de combats, ces personnes étant le plus souvent des rebelles sans uniforme donc assimilables à des civils au niveau des hôpitaux, c’est bien que nous avons été bernés par nous-mêmes ; surtout par nous-mêmes.

Plusieurs fois les troupes de Kadhafi ont pris des villes rebelles et, a priori, il n’y a pas eu bain de sang. Quand les rebelles les ont reprises, ils n’ont pas trouvé ces villes vides.

Face au constat que nous nous sommes fait prendre à nos propres fantasmes, nous serions, pour les plus engagés d’entre nous, en train d’insister en « Mais si mais si, Kadhafi est de toutes manières un grand assassin » et de déterrer alors ses méfaits antérieurs à défaut d’en tenir de plus actuels. 

Or, convoquer les crimes antérieurs de Kadhafi, nous enverrait à l’examen de notre bien curieuse attitude antérieure vis-à-vis de lui. 

Nous sommes bien marris.


Pour éviter de nous embourber dans nos propres contradictions, il vaudrait mieux que nous nous en tenions à ne le juger que sur cette récente période. 
Et là, nous aurions dans le box des accusés, un raïs qui n’aura tué que 800 rebelles qui s’étaient armés contre lui, qui avaient fait violence contre un pouvoir soutenu au moins par quelques uns, qui a compté peut-être autant sinon plus de morts dans ses rangs, dont un de ses fils qui n’avait peut-être jamais tué ni directement ni indirectement qui que ce soit.




Saddam avait fait deux grosses erreurs : Le massacre de civils Kurdes et l’invasion du Koweit. Sans ces deux grandes fautes, je me demande ce qu’on aurait pu lui reprocher.


Kadhafi, lui, aurait commis deux fautes. Une lourde avec quelques attentats qu’il aurait soutenus, l’autre moins certaine et massive avec les infirmières Bulgares. Mais comme nous avions passé l’éponge sur ces deux fautes là, comme nous les avions déjà jugées implicitement puis déroulé le tapis rouge sous ses pieds en toute connaissance de cause, il ne nous reste plus grand chose à lui reprocher et où nous serions blancs comme neige.


La Justice du plus fort restant la meilleure, notre Justice triomphera sur la base d’excellents arguments, si nous finissons par le capturer ou le tuer.

Mais devant Dieu, ça pourrait être plus compliqué.



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