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Commentaire de sisyphe

sur Quelques leçons de cette nouvelle crise de l'euro


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sisyphe sisyphe 14 juillet 2011 14:47

Pour répondre aux imbéciles souverainistes à oeillères, partisans d’une sortie de l’€uro  ; les conséquences, justement, du souverainisme : 


La dernière crise de l’euro n’est pas financière, elle est d’abord politique. Elle ne témoigne pas de la cupidité des marchés ; elle reflète l’irresponsabilité des gouvernants de la zone. Elle est moins une affaire de technique financière que le symbole du malaise européen en général, moins une question de ressources que de coordination politique. Plus grave : elle était évitable.

Il ne dépendait que des dix-sept membres de l’union monétaire d’empêcher que la méfiance des marchés s’étende à l’Espagne et à l’Italie, transformant une difficulté périphérique en crise centrale. On le sait, la dette publique cumulée des trois pays les plus mal en point de la zone euro - la Grèce, l’Irlande et le Portugal - ne représente que 6 % à 7 % du produit intérieur brut de l’Union européenne. Rien qui ne devrait dépasser les capacités d’emprunt des seuls Dix-Sept. Mais ils s’y sont pris de telle manière qu’ils ont semé la panique sur les marchés et le doute sur la solidité de l’ensemble de la zone. Ce ne sont pas les marchés qui ont imposé leur loi ; ce sont les Etats qui n’ont pas été au rendez-vous !

Au départ, il ne s’agissait que de se mettre d’accord sur un deuxième plan d’aide financière à la Grèce. Le premier n’a pas suffi. Les comptes d’Athènes sont tellement plombés (une dette publique de l’ordre de 150 % du PIB) que la Grèce ne peut financer ses déficits en allant sur le marché. Pour que ses bons du Trésor trouvent acquéreurs, il lui faudrait pratiquer des taux prohibitifs, qui ne feraient que l’enfoncer plus avant dans la dette.

Les Dix-Sept ont convenu d’une nouvelle assistance de quelque 110 milliards d’euros. Mais prétextant une possible révolte de ses contribuables, l’Allemagne d’Angela Merkel, bientôt suivie par les Pays-Bas et la Finlande, entend que le secteur privé participe, cette fois, à l’opération. Pas question qu’il ne s’agisse que d’« argent public » venant du Fonds d’aide de l’Union, de la Banque centrale européenne (BCE) ou du Fonds monétaire international. Les acheteurs de bons du Trésor grecs - banques, compagnies d’assurances, fonds de pension, etc. - doivent contribuer au deuxième plan de sauvetage de la Grèce.

C’est ce qu’on appelle la question de la participation du « secteur privé ». Elle obéirait à la morale autant qu’à l’économie : ceux qui ont gagné de l’argent en achetant de la dette souveraine doivent aider à sauver les Etats émetteurs... Quitte, pour cefaire, à sacrifier certaines de leurs créances, qu’il s’agisse d’en allonger les délais de remboursement, d’en diminuer le montant ou, lorsqu’elles viennent à échéance, de s’engager à souscrire autant de nouveaux emprunts.

...suite... 


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