Vous êtes amusants. Je ne vous parle pas de physique théorique ou d’évolution des espèces, je vous parle de pétrole. Sans pétrole, pas de brosse à dents, pas de dentifrice, pas de carburant, pas d’engrais ni de pesticides. À la limite, on peut évidemment remplacer les machines agricoles par des bras mais pour tous les produits qui sont faits à partir du pétrole (ne serait-ce que le clavier que vous utilisez pour faire votre copier-coller vers votre site préféré), c’est mort. Même pas d’antibiotiques en quantité suffisante pour tout le monde. Ce qui signifie une espérance de vie sévèrement raccourcie, ce qui concrètement signifie que la population mondiale va chuter prochainement pour cause de maladie ou de vieillissement prématuré dans un avenir assez proche (20 - 40 ans).
Il est évident que la production d’électricité passera forcément par le nucléaire (le gaz et le pétrole étant devenus trop précieux pour être cramés dans des centrales électriques désuètes), mais l’électricité en tant que telle ne permet pas de créer du plastique ou des engins industriels. Il est tout aussi évident que le nucléaire par fusion est un impératif (vous n’êtes pas sans ignorer que le nucléaire par fission à l’uranium n’est pas très productif en termes de rendement, dangereux, polluant et en outre, coûteux en terme d’énergies fossiles - l’enrichissement de l’uranium ne se fait pas tout seul... de toute façon, l’uranium, lui aussi, va bientôt s’épuiser). Inutile d’essayer de me convaincre que l’éolien et le solaire sont une arnaque, je ne suis pas plus vert-écolo que vous. À la différence de vous, cependant, je ne crois pas à un quelconque miracle évolutionniste-technologique du génie humain. Voyez-vous, je ne crois pas que l’on va se mettre à se nourrir de soleil par photosynthèse dans un avenir même très lointain. Quand le pétrole va vraiment devenir rare - et ça va se produire dans 20 ans maximum - la plus grande partie de l’humanité va crever, voilà tout. Le truc triste là-dedans, c’est que les États les plus sur-armés vont agresser militairement ceux qui ne le sont pas mais qui possèdent des hydrocarbures, ce qui est porteur en soi d’un risque d’escalade. C’est d’ailleurs déjà ce qui se produit depuis 2001. Quand je dis 1 milliard de survivants, je n’ai en réalité aucune idée de ce que la Terre peut nourrir d’humains si les ressources sont rationnellement partagées et si on cultive de façon naturelle et respectueuse de l’environnement, je me base simplement sur les données du passé. Peut-être est-ce 2 milliards ou même 3. Mais en tout cas, certainement pas 7 milliards ayant un mode de vie proche du nôtre.