L’erreur est de lire les émeutes en GB selon une grille de lecture française.
Quelques points à rappeler :
Les émeutes n’ont pas eu lieu dans les banlieues chaudes, mais dans des quartiers de Londres, très mélangés certes, mais pas des ghettos. Tottenham, Peckham, Lewisham que je connais bien, sont des quartiers multiethniques, mais où vivent des gens aisés. Ce ne sont pas leurs maisons qui ont brûlé, mais les centres commerciaux.
Ensuite, s’il y a beaucoup de noirs parmi les émeutiers, ce ne sont aucunement des immigrés, car ils sont nés en Angleterre. C’est la couche la plus défavorisée, dans laquelle se retrouve la recette du désastre : taux de chômage le plus élevé, échecs scolaires, éclatement familial, désertion des pères etc. Un problème de culture, qui n’a jamais été abordé explicitement par le pays et qu’elle partage avec ces autres jeunes, bien blancs qui se trouvent tout en bas de l’échelle sociale.
Pour comprendre ces émeutes, il faut comprendre la culture des gangs, surtout à Londres, qui est structurée autour des quartiers. Il est intéressant de voir que les autres communautés, turques, indiennes etc. s’organisent aussi pour protéger leurs quartiers.
Ces émeutes ne sont pas une révolution, mais le produit du désoeuvrement, de l’inculture, de la marginalisation et du manque d’intégration sociale lié à la pauvreté matérielle et intellectuelle. Il n’y aura pas de débat autour de l’immigration ou du multiculturisme à mon avis à propos de ces émeutes, mais certainement un questionnement sur une société trop permissive qui justifie et cautionne dans une certaine mesure les comportements asociaux.