Votre analyse est intéressante et conforte l’édifice des multiples mesquineries des puissants de l’argent. Mais la conclusion est quelque peu hâtive. On ne jette pas le bébé avec l’eau du bain comme on ne renie pas les précipitations fertilisantes juste parce que la pluie a gâché le pique nique.
Il est de bon ton de suivre la presse mouton et de rire ouh les vilains banquiers ouh les vilains spéculateurs ouh à bas l’économie financière.
Mais imaginons un instant l’état navrant où les sociétés aujourd’hui « modernes » seraient restées si on avait gardé les codes économiques du temps du Far West. Tout ce qui est critiqué aujourd’hui a permis hier de faire d’immenses progrès dans un certain mode de vie voué au confort, au moins pour les privilégiés. Le système n’est donc pas mauvais en lui même. La cupidité et les dérives des êtres humains y sont plus responsables.
Et puis, a force toujours de répéter ce que se répètent entres eux les journalistes, on croit avoir à faire à une crise financière. La belle boutade. la finance (les méchants) n’est pas en crise mais au contraire regorge de profits. Ce sont les Etats qui sont en crises, les Etats dirigés par des incapables qui, pour recevoir les suffrages et garder le pouvoir, ont soit tout promis soit tout rasé d’un coup.
Nous sommes donc au bon début d’un film (déjà bien commencé avec la Grèce et consoeurs) d’une crise qui n’existe pas dans les manuels d’économie et qui n’est pas enseignée dans les Grandes Ecoles. Un désastres où certains états ne peuvent pas rembourser leur dette (la plupart des états « avancés ») et où les états émergents, nouvelles vedettes des économies financières, viennent réclamer des comptes.
Je dirai qu’il s’agit d’une crise de société, d’une crise d’identité nationale (au sens où un état ne peut plus se considérer comme seul mais doit composer avec les autres états du monde, ce qui balaie en une seconde toutes les recettes FN et associées), d’une crise d’incompétence des gouvernants (faut il revoir leur formation et exiger des diplômes ? OUI). Ce n’est pas une crise de la finance ni la « faute » aux agences de notation, ni la faute aux autres en général (aux roms par exemple).
En pratique les effets seront un renchérissement du crédit (vu dans une boule de cristal car qui peut prévoir un phénomène aussi nouveau)
Puis une apathie de l’économie réelle (non financière)
Une baisse de la croissance (= récession)
donc des symptômes de crise économique mais où les médicaments classiques resteront inefficaces puisque le mal n’est pas financier mais étatique.
Une ébauche de raison consisterait (peut-être) à envisager une Banque Mondiale et une monnaie unique mais ce ne serait qu’une ébauche et reste pour l’instant une utopie.