re-bonsoir,
Nous vivons dans un pays où la sécurité est à un niveau particulièrement élevé. Cela ne signifie pas que l’insécurité ne soit pas ressentie. Avoir une des espérances de vie parmi les plus élevées au monde ne facilite pas l’acceptation des facteurs résiduels de mort prématurée.
L’accident de la route est un événement banal paraissant avoir perdu toute aptitude à susciter l’émotion. Un accident de train en gare de Lyon ou un attentat dans le RER provoquent une indignation et un souvenir durables, car nous sommes habitués à des années entières sans accident mortel sur les rails et sans terrorisme meurtrier. Un plus grand nombre de morts quotidiennes sur les routes semble avoir usé les capacités d’indignation. Comme on acquitte un péage d’autoroute, on accepte de payer en vies humaines le libre usage d’une voiture ou d’un vélo. Il faut lutter contre cette usure de l’émotion et faire percevoir l’accident de la route comme un risque affectif intolérable au niveau où il se situe dans notre pays. Si nous voulons éviter de pleurer sur nos proches, nous devons d’abord faire la différence entre l’effet du hasard dans le choix des victimes et l’absence de hasard dans le nombre de tués observés dans un pays chaque année.
Après une mort accidentelle, les commentaires des familiers peuvent être émaillés de « ça devait finir comme çà » indicateurs d’un comportement à risque connu, faisant redouter l’événement qui s’est produit. Dans d’autres cas, plus fréquents, rien de tel n’était perceptible, l’événement semble totalement imprévisible et relever de l’erreur humaine inévitable, indissociable du déplacement facile dont nous bénéficions.
Aller du particulier au général n’est pas une démarche originale dans la connaissance, encore faut-il l’entreprendre pour faire sortir l’accident du domaine des faits divers et des perceptions personnelles. Une démocratie ne peut faire évoluer le risque accidentel par des choix politiques émanant des seuls dirigeants. Elle doit faire accepter les mesures qui réduisent le risque en développant une connaissance et une réflexion autour de cet événement si particulier, la mort accidentelle, à la fois destin personnel paraissant le produit du hasard et produit parfaitement prévisible d’un système organisé par une société.
En définitif qui est le terroriste ? celui qui ne respecte pas la vie d’autrui, boit, se drogue,roule trop vite,et se croit un super conducteur ? ou celui qui respecte les règles que la société à édictée ?
Alors oui , je mets celà au crédit de Chi,chi n’en déplaisent aux chauffards, aux voyous des routes !