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Commentaire de easy

sur Cette crise de l'euro qui n'en finit plus


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easy easy 15 septembre 2011 15:54

Il y a indiscutablement une crise de confiance en l’Euro.

Mais tous les Terriens doutent également (avant ou après nous, oeuf ou poule c’est à voir) de toutes les monnaies.

On peut considérer que s’i l’euro ne plonge pas plus que ça alors qu’il est tellement question de sa fin, c’est parce que toutes les autres monnaies du monde auront égaglement baissé aux yeux de tous les Terriens.

Dire où a commencé la crise de confiance dans le papier (avec toutes ses problématiques d’adossements incluses) c’est difficile mais mettons que ça ait commencé aux USA en 2008. Peu importe ce détail.


La première chose à dire, en cas de crise, c’est que la survenue de crises est archi normale. C’est archi humain (ça ne relève pas de la météo) mais oui, dans tout édifice, dans toute transcendance, il y a des crises.

Et il n’est pas prouvé qu’il soit indispensable de solutionner des crises. Passons sur ce point bien difficile.

En dehors donc d’une production de riz catastrophique en raison de la météo ou de quelque vermine, l’être humain, organisé en société, ne devrait jamais se rerouver en crise. Mais comme il a la bonne idée d’avoir inventé des transcendances, des énormes pyramides de transcendances, toutes posées les unes sur les autres. Le doute posé sur une des croyances, retentit soit en refuge soit en doute aussi, sur une autre valeur virtuelle.

En ce moment, il ne faut pas croire que seule notre confiance en l’Euro est entamée. L’édifice des transcendances est tel que nous sommes en train de douter-réfugier de toutes les autres valeurs (les plus sûres de toutes étant les stocks de riz ou de pâtes)



Primo il n’est pas prouvé qu’en intervenant sur l’objet d’une crise on la résolve (on dit qu’un bon médecin guérit en 3 jours ce que la nature guérit en 5) ou qu’on la résolve plus vite, plus profondément

Deuxio, il se pourrait bien qu’en soutenant notre foi dans les autres transcendances de l’édifice, nous rétablissions notre gnose en l’Euro.

En fait, c’est un peu ce qui est en train de se passer. L’air de rien, toutes les autres transcendances étant débattues (Louis Vuitton compris) nous déplaçons nos fois, nous réorganisons nos jeux de cartes et déjà, regénérés par une foi plus forte en quelques autres valeurs de l’édifice : la patrie, la nation, la main sur la Lybie, notre force militaire(c’est quasiment la première fois depuis des siècles qu’on presque-gagne une presque-guerre et surtout qu’on a réussi avec nos sous ; Je signale ici que la guerre d’Indochine avait été financée jusqu’à 80% par les EU. Oui, Dien Bien Phu avait été financé à 80% par les Américains)

Et c’est parce que nous sommes rassurés sur quelques autres points que soudain la sortie de l’euro ne nous semble plus taboue. Et puis, quelle belle affaire d’abandonner les Grecs au lieu d’avoir à adosser leurs risques !
 
Si la sortie de l’Euro nous avait semblé catastrophique, c’est simple, nous n’en aurions jamais parlé. C’est ça les tabous.

Comme nous en parlons, c’est que ça ne nous fait plus peur, et si nous n’avons pas peur, y compris de revenir au Franc isolé, c’est que nous avons repris confiance sur d’autres de nos valeurs (plus nationales of course)

Mais, bien ou mal je n’en juge pas, tout regain de confiance nationaliste fait le lit d’une confiance en sa capacité à soutenir une guerre.

Or il y a deux sortes de guerres possibles, interne ou externe.

Il y a quelques années, à la faveur de quelques feux de poubelles, il avait été envisagé une guerre civile.
Il se pourrait bien que la défiance sur l’Euro ait provoqué chez nous un déplacement de la rancoeur. Elle serait devenue moins interne et plus externe.



A part ça, une monnaie, surtout de nos jours, n’est plus adossée à grand chose de dur. Elle repose surtout sur la transcendance qu’on a réussi à installer dessous à son lancement (c’est rare les lancements de monnaie) ou sur celle qu’on a réussi à entretenir dessus au fil des siècles (Nos amiricains étant champions du genre)

L’Euro avait été lancé sur une énorme opération de marketing avec, pour fonds premier, la paix entre européens.

A part donc cette grande valeur qu’est la pacification, l’Euro n’était pas soutenu par grand chose d’autre. D’autant que bien des pays européens l’ont boudé et s’en sont très bien portés.

Au fur et à mesure que la paix nous aura semblé être acquise en Europe, qu’on sera devenu cul et chemise avec Poutine, L’Euro aura semblé ne plus être porté par quelque autre transcendance relais. Pire, il aura semblé être constitué ou adossé à des valeurs américaines pourries.

Nous aurons eu l’impression que si nos banques se sont fait avoir par les junk bonds, l’euro l’était aussi.

C’est comme si on disait au proprio d’une maison en bois qu’il y avait des termites dans son jardin.

A part Kerviel, nous avons l’impression que les trucs les plus pourris du monde, sur le plan financier, viennent des EU. L’Euro nous semblant contaminé par les pourritures US, nous sommes assez disposés à revenir au franc tellement plus franc.

Pourtant, après onze ans d’absence, le retrour du franc, en tant que transcendance, pourrait s’avérer douteux. Sur quoi serait-il adossé ?

Sur Areva ?
Sur Moët & Chandon ?
Sur Versailles ?
Sur l’Histoire de France ?

Une monnaie, à défaut d’être adossée sur les valeurs sûres, devrait être au moins adossée sur la probité de ses promoteurs, disons de nos Chefs, de nos politiques.
Avons-nous confiance en eux ?

Hein, cher Imhotep ?









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