En janvier 2007, le Los Angeles Times
fait paraître un article peu flatteur pour la Fondation Gates, qu’il
accuse d’investir 95 % de ses fonds dans des investissements
rémunérateurs gérés par des financiers chargés de « diversifier
fortement leur portefeuille mais sans directives précises ». Le
quotidien souligne ainsi que certaines de ces initiatives sont
contradictoires avec son action philanthropique. L’article cite le cas
de campagnes de vaccinations dans le delta du Niger financées,
notamment, par la Fondation Gates, qui investirait parallèlement dans
des entreprises comme Eni, Royal Dutch Shell, Exxon Mobil, Chevron et
Total — compagnies éminemment responsables de la pollution dans cette
région.
Ce genre d’affaires ne seraient pas isolées, selon le Los Angeles Times,
qui souligne que la fondation a investi avec profit dans plusieurs
compagnies reconnues pour leur impact néfaste sur l’environnement et la
santé, mais aussi dans des compagnies de crédit immobilier accusées
d’avoir dépossédé des milliers de personnes, ou des sociétés employant
des enfants. La Fondation Gates n’aurait « pas usé de sa puissance et
de son immense richesse pour changer le comportement des compagnies
dans lesquelles elle investit »[11].
Le soutien de la fondation aux OGM a également suscité des critiques[12] :
le 15 octobre 2009, Bill Gates a annoncé que la fondation allait donner
120 millions de dollars pour différents programmes d’aides aux
agriculteurs d’Afrique et d’Inde. Une partie de ces programmes, mis en
œuvre par l’Agra
(Alliance for a Green Revolution in Africa, ou Alliance pour une
révolution verte en Afrique), consiste à fournir diverses semences
génétiquement modifiées[13].