• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Catherine Segurane

sur Arabe et Athée… et Histoire du voile


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Catherine Segurane Catherine Segurane 1er novembre 2011 13:20

@ Frida


Vous m’écrivez ceci :

« C’est bien jolie tout ça, mais qu’est l’on fait après. On n’est pas sorti de l’auberge. »

Ma réponse sera à deux niveaux

Niveau pragmatique

Au niveau le plus pragmatique, mais oh ! combien important, c’est vrai qu’il ne faut pas trop couper les cheveux en quatre. L’islam, qui n’est pas qu’une religion mais aussi et surtout un système politique, présente des textes extrèmement dangereux. La question est de savoir comment nous en protéger et comment distinguer un imam qui se contente de diriger la prière d’un fanatique dangereux. Tout autre questionnement ne fait que polluer le débat.

Au niveau pragmatique, vous avez aussi raison, dans votre réponse à Lorelei, de souligner que ce n’est pas vrai que l’islam n’a pas de hiérarchie ecclésiale. En réalité, c’est sournois, mais il sait très bien faire taire les voix discordantes comme par exemple les Coranistes (voir point suivant).

Au niveau théologique

Il se trouve que la théologie est un sujet qui m’interesse, et que j’aime bien savoir par quel cheminement intellectuel certains musulmans s’écartent des textes les plus violents.

Un certain nombre ne s’en écartent pas :ce sont les faux modérés.

D’autres s’en écartent en étant peu musulmans : ce sont les tièdes et les laïques.

D’autres enfin - et le sujet est très interessant philosophiquement - réussissent à être profondément musulmans tout en écartant certains textes par une critique théologique interne, et je trouve interessant de voir par quels mécanismes ils y parviennent.

Dans le cas du « coranisme » (courant comportant de nombreuses personnalités très respectables et vraiment pacifiques), ils se dégagent du marais islamique par un raisonnement en deux temps :

- ils éliminent les textes para-coraniques pour ne garder que le coran
- puis, à l’intérieur du coran, ils ne gardent que la révélation ; ils refusent toute autorité à ce qui n’est qu’une action de Mahomet, en disant que celui-ci n’est qu’un message et non pas un modèle parfait à imiter en tous points.

De la sorte, avec ces raisonnements, ils réussissent à éliminer bien des problèmes tels que le meurtre obligatoire de l’apostat par exemple.

Par ailleurs, d’un point de vue purement spirituel, je trouve interessante et même émouvante l’idée que Dieu s’adresse aux hommes par l’intermédiaire d’êtres imparfaits.

On retrouve aussi cette idée dans le judaïsme ; voir la façon dont les défauts de Jacob sont soulignés presque avec gourmandise : il trompe son père, il trompe son beau-père, il dépouille son frère, etc ...

C’est pour la brebis boiteuse que le berger se donne le plus de mal.



Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès