En fait, si j’en ai bien compris le but, l’article propose la prohibition de la prostitution. Je me demande vraiment sur quelle légitimité démocratique peut-on appuyer une telle revendication. Cet article entretient la confusion entre la protection des droits des personnes, en particulier les femmes et les mineurs, et la prohibition de la prostitution en général. Or, de la même manière que la prohibition de certaines drogues n’a fait que renforcer la nocivité des usages qui en sont faits et impulser le pouvoir économique des trafiquants, la prohibition de la prostitution renforce l’opacité et la puissance des réseaux clandestins dédiés à l’exploitation et marchandisation d’êtres humains. Il est, je pense, évident que prétendre à l’éradication de la prostitution est l’aspiration d’une certaine morale qui n’a pas grand chose à voir avec un cadre juridique démocratique. La loi ne peut empêcher personne de disposer de son propre corps comme il l’entend, par contre, elle se doit de protéger cette liberté. Voilà pourquoi une société démocratique ne peut interdire la prostitution mais au contraire faire en sorte que toute personne désirant se prostituer, puisse le faire sans contraintes, dans l’exercice de sa liberté. Les menaces qui pèsent sur cette liberté sont facilement identifiables. Ce sont le proxénétisme et les conditions économiques dégradantes dans lesquelles sont plongées un nombre incalculable de personnes, facteurs qui poussent un grand nombre de personnes à se prostituer contre leur gré.