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Commentaire de Sylvain Rakotoarison

sur La Hollandie brûle-t-elle ?


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Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 25 novembre 2011 09:55

À Bobbygre,

Votre réflexion sur le « dopage » du score du FN est pertinente mais justement, je ne vous parle pas des résultats dans l’absolu mais en relatif, leur évolution avec le temps.

Vous avez raison sur le fait que les méthodes utilisées (tous ces biais) sont discutables (c’est cela qui fait leur savoir-faire d’ailleurs), mais il faut admettre qu’ils utilisent toujours les mêmes méthodes pour une échéance donnée et le résultat réel de l’élection leur permet ensuite d’affiner pour la prochaine élection etc.

Je suis d’accord avec vous que les instituts de sondage sont d’abord focalisés sur leurs clients, mais il faut bien admettre aussi que l’UMP, ou même l’Élysée (certains ont même trouvé scandaleux ces commandes), aient commandé des sondages et que ceux-ci n’étaient pas très réjouissants pour eux.

Les instituts de sondage sont comme les médias et la presse en général : ils ne suivent pas une logique politique mais économique, ils sont plus à la remorque de l’opinion qu’à son amorce (il suffit de comparer la presse entre 2007 et maintenant sur Nicolas Sarkozy, même phénomène d’ailleurs pour Balladur entre 1993 et 1995 ; je crois que c’est Jean-François Kahn qui a donné la démarche classique : « lèche, lâche, lynche »).

Et la logique économique des instituts de sondage, c’est d’être le plus proche de la réalité, car leur intérêt n’est pas dans le domaine politique mais économique et en cas de grande différence avec la réalité, ils risqueraient de perdre des clients bien plus intéressants que dans le domaine politique (qui est une grande fenêtre de visibilité dans leurs activités).

Je le répète, ce qui est intéressant à prendre en compte, ce sont les pentes évolutives (les dérivées), c’est-à-dire les tendances. Les points à l’origine sont toujours incertains, mais pas les pentes quand plusieurs instituts les confirment. Et la concurrence est une bonne chose, car elle peut confirmer ou infirmer certaines évolutions de l’opinion.

Croire qu’on peut bidonner un sondage pour le bon vouloir d’un gouvernant qui risque d’être éjecté dans cinq mois, c’est croire qu’une entreprise est prête à perdre beaucoup de CA pour pas grand chose. C’est en cela que je parle de naïveté.

Bonne journée.


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