Sans qu’il soit nécessaire de paraphraser Woody Allen, je pense que l’immortalité n’a strictement aucun intérêt.
Il faut être jeune et n’avoir pas vécu grand-chose pour avoir à ce point peur de mourir. Je vous assure que de nombreuses personnes âgées qui sont contentes d’avoir vécu ce qu’elles ont vécu, attendent tranquillement la mort comme une bienveillante délivrance.
Je pense que l’être choisit l’heure de sa mort. Même quand elle semble survenir par accident ou par attentat. Je ne vous demande pas ni même ne vous invite à partager mon point de vue, parce que je sais ce qu’il contient de choquant et d’apparemment contradictoire. Aussi je respecte ceux qui pensent le contraire et ne chercherai pas à les détromper, j’attends juste d’eux qu’ils tolèrent mon point de vue différent.
La contradiction se lève quand on réalise que notre esprit est bien plus vaste que notre ego, et que l’empire que nous croyons avoir sur nous-mêmes n’est qu’un ridicule parc à bébé à côté de l’immensité du possible. L’ego est un concept arbitraire, dont nous occupons les premières semaines de notre vie à délimiter le périmètre.
Je le répète : l’ego est un concept arbitraire. C’est donc une séparation qui a été posée ad hoc au milieu d’un élément homogène pour distinguer ce qui est ceci (« moi »), et ce qui est cela (« pas moi »).
Cette séparation, c’est nous qui l’avons instaurée.
Mais notre empire est bien plus vaste que notre parc à bébé. Question hautement spéculative, mais divinement intéressante... 