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Commentaire de easy

sur On ne peut pas répondre à la crise par les politiques qui en sont la cause


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easy easy 8 décembre 2011 19:47


Il y a 25 ans, il s’était produit en France un choc sourd. Ce choc provenait du fait que des patrons s’évertuant à produire des voitures, du chocolat et des balayettes, découvraient qu’ils pouvaient gagner autant voire plus en louant leurs murs à d’autres.

Bien des gens du commun n’ont pas perçu ce choc sourd mais pour ma part, j’ai très clairement vu des patrons (plus exactement des héritiers) d’entreprises, par exemple de fabrication de quicaillerie à murs parisiens, préférer renoncer au bazar que représente la conduite d’une entreprise de fabrication avec 500 salariés pour vendre le foncier ou construire des logements à la place de leurs ateliers.

Un autre choc du même genre s’est produit peu de temps après. où des patrons laborieux ont découvert par le tapisme qu’ils pouvaient gagner bien plus en jouant au monopoly d’entreprises qu’en continuant à galérer contre les syndicats. Jean Marie Messier aura été de ces convertis.

Un autre choc sourd du même genre s’est produit après ça qui tendait à montrer aux patron laborieux que l’activité bancaire et parabancaire (exit les petits dépôts, exit les guichets) était la plus lucrative. Et là encore, il y a eu des conversions aboutissant à la floraison des Clearstream.

Même la politique aura séduit des gens qui auraient pu se consacrer à l’entreprise besogneuse et j’ai vu plein de gens capables chercher à devenir députés pour profiter des pantoufles nationales.




Vous écrivez :
 «  »«  »«  » Dans cette tribune publiée dans Le Monde, Bruno Palier montre qu’il est urgent de rompre avec ces politiques à l’origine de la crise actuelle, en investissant collectivement dans le capital humain et les activités innovantes, durables et sources d’emplois de qualité. «  »«  »«  »

Il y aurait à définir ce qu’on entend par activités innovantes, durables et sources d’emplois de qualité mais a priori, l’activité de trading semble pouvoir en faire partie, même si je devine que ce n’est pas ce à quoi vous pensez quand vous dites « innovantes »

Ce que vous écrivez là est très dépassé par les réalités dont j’ai parlé et votre mot d’ordre est tellement vague que je vous soupçonnerais bien de complicité avec ceux qui vont à la facilité.

Si l’on veut mettre un terme à la facilité (au sens de travail facile, sans guerre avec les syndicats, sans immobilisations dans des usines, navires ou mines) il faut proposer un mot d’ordre bien plus explicite de contraintes.

Par exemple, je propose un mot d’ordre plus simple à énoncer et qui ne laisse plus planer aucune ambigüité : Ne permettre que deux taux de crédit, le 0% et le 2 %.
A rappeler que Mahomet avait eu la bonne inspiration de ne permettre que le TZ


Le taux zéro sera pratiqué par les prêteurs qui le voudront et sera sans doute peu pratiqué. Les prêteurs qui voudront tirer un peu de revenus de leurs fonds ne pourrons le placer qu’à 2% (et il n’y aura aucun taux entre zéro et deux. Ce sera ou zéro ou deux)

Alors que depuis deux siècles nous permettons à des gens de spéculer sur des endettements afin de placer leur argent à des taux plus élevés, alors que nous permettons à des spéculateurs de viser les gens ou pays les plus étranglés pour se faire le plus d’argent sur leur dos, nous pourrions y mettre fin en imposant zéro ou 2%. Rien d’autre.

Cette limitation au seul taux de 2% fera s’effondrer chez tous les emprunteurs le réflexe habituel consistant à contracter encore plus de dettes pour payer les premières (en toute connaissance de leurs créanciers). Il fera s’effondrer le réflexe des prêteurs consistant à cibler les personnes les plus endettés. Le dettisme s’effondrera.

Le dettisme permettant à chacun de fantasmer s’enrichir très vite grâce à un emprunt à rembourser plus tard, il pousse au report sans fin du travail, il pousse à la procrastination et pousse à considérer le travail laborieux comme n’étant plus qu’une sale corvée qu’il vaut mieux ne jamais accomplir.

« Demain ! Je travaillerai, demain » dit le Napolitain qui a tout compris

Thomas Piketty (Cf vidéo page d’accueil) propose le principe de la dette commune. Ce qui conduit, il en convient, à plus d’Europe encore puisqu’il faudra consolider les comptes de tous les pays européens et donc décider des dettes au niveau européen.
Son décret a quelque rapport avec ma proposition. Mais il n’impose que la fédéralisation des dettes et des décisions d’emprunter (alors que ce n’est pas le cas des Etats américains, la Californie devant se démerder seule, l’Etat fédéral ne l’aidant pas du tout)

Thomas Pikely ne dit rien sur les taux. Il permet donc les variations des taux. Il permet que des gens puissent encore spéculer sur les taux et viser les plus étranglés non pas en choisissant entre européens désormais fédérés mais en choisissant entre les européens d’une part et les non européens d’autre part.
Or il suffit qu’il existe une concurrence de taux entre deux clients pour que l’esprit spéculatif perdure.

Les spéculateurs qui apprécient d’encaisser des intérêts de 10% (voire de 30%) sur le dos de la Grèce iront proposer leurs « facilités de découvert » à d’autres pays hors Europe qui se retrouveront pendus à la place des Pigs actuels.

Thomas n’interdit donc pas la spéculation sur les plus endettés, il ne vise que la protection de l’Europe et fédéralisant les comptes de ses états. (Cette consolidation impliquant que les pays d’Europe empruntant actuellement à 2%, acceptent, pour les beaux yeux des autres pays européens, d’emprunter désormais au taux moyen de quelques 5%)

Son concept de fédéralisation des dettes ressort protecteur mais ne ressort pas soutenu par un fondamental éthique et pourrait même passer pour égoïste au regard des pays non européens.


A mon sens, il vaudrait mieux nous proposer un concept posé sur un fondamental éthique. Le T2%, qui rémunère tout de même les fonds, de par sa généralisation et son bas prix, mettra fin à toute une activité qui consistait à profiter des enlisés, c’est éthique et je pense que tous les peuples du Monde en conviendraient.

Alors que rien ne l’interdit, les pompiers du monde entier (s’ils sont payés par la collectivité) ne jouent pas de surenchère quand ils sont au pied d’un immeuble en feu. Ils interviennent partout pour le même prix. C’est cet esprit qu’il faut installer dans la finance.



Si le T2 passe obligatoire dans le monde entier, qui y aura accès ?
Déjà, le volume des prêts va s’effondrer probablement de moitié. Ensuite, les créancier n’étant ni obligés de prêter, ni excités par un taux si bas, ne consentirons à prêter qu’à ceux qui leurs sembleront les plus sains donc les moins endettés et les plus productifs de valeurs.

Le T2 généralisé va stabiliser la situation mondiale y compris du point de vue des guerres et il incitera chacun à travailler avec les plus sains au lieu de se faire du blé facile sur ceux qui sont déjà en surcharge.


Avec le décret du T2, j’ajouterais bien la suppression du viager qui est un concept très malsain.



Il y a une nuance que j’apporterais bien au principe du tout T2, ce serait qu’il ne s’applique qu’aux états et collectivités (où les élus qui signent les emprunts ne se sentent jamais personnellement obligés) mais qu’il serait de 3% avec les entreprises privées et de 4 % avec les particuliers (qui se sentent personnellement obligés). Ca poussera les financeurs à préférer prêter aux individus et ça fera exploser les initiatives privées donc la diversité des expériences.



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