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Commentaire de joelim

sur Les États-Unis : le chien de garde du monde


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joelim joelim 12 décembre 2011 17:29

Pas chien de garde, ça c’est leur posture, mais chien de guerre.

Et même : loup dans la bergerie des nations qui n’ont rien demandé !

Un exemple méconnu, savez-vous que le Laos a connu pendant neuf ans une attaque toutes les huit minutes, un déluge de bombes « plus important que sur le Japon et l’Allemagne réunis au cours de la Seconde Guerre mondiale » ?

Ça s’est passé entre 62 et 73, nous apprend l’excellent documentaire « Operation Laos » récemment passé sur la chaîne Histoire :

«  Entre 1962 et 1973, la guerre clandestine au Laos fut l’opération la plus importante de la CIA, dont le quartier général était installé à Long Cheng.

La guerre du Viêtnam fut le premier conflit retransmis à la télévision. Pourtant, c’est le Laos voisin qui constitua la cible d’une guerre aérienne interminable entre 1962 et 1973. Cette opération, la plus importante menée par la CIA, reste aujourd’hui encore largement ignorée, alors que certains spécialistes la comparent aux conflits actuels en Irak et en Afghanistan. Les principaux protagonistes, anciens agents de la CIA, pilotes américains, combattants laotiens ou reporters de guerre, font découvrir l’emplacement stratégique du conflit : la base secrète de Long Cheng. Quartier général de la CIA, c’était également une base aérienne très active et un centre névralgique du commerce de l’opium et de l’héroïne. »

La critique de Telerama : « Comme une lamentation assourdissante jaillie de mille poitrines, une déferlante de détresse qui dit l’au-delà de la douleur. « Je n’oublierai jamais cet instant », se souvient le photo-reporter Philip Blenkinsop, qui, en 2003, fit connaître la situation de ces ex-mercenaires utilisés - de gré ou de force - par la CIA dans la guerre contre le Vietnam, lâchés lors du retrait américain, et traqués et exterminés depuis près de trente-cinq ans par les armées laotienne et vietnamienne. Réfugiés au coeur de la forêt, inaudibles, les Hmongs, mauvaise conscience du conflit, payent toujours le prix fort. En éclairant l’histoire d’une guerre secrète montée, de 1962 à 1975, par l’agence américaine, le film décortique aussi les ressorts d’un engrenage, d’une atonie invraisemblable de la communauté internationale envers les Hmongs.

Dès 1954, les Etats-Unis redoutent la contamination communiste de la Chine et du Vietnam. Ils financent alors à 100 % le budget militaire laotien, tout en multipliant les tentatives de déstabilisation interne. Histoire de justifier une éventuelle intervention. En 1962, ils imaginent Long Cheng, QG de la CIA et future base arrière aérienne pour les pilotes américains de retour de raid du Vietnam. Et recrutent à tour de bras les Hmongs. Les effectifs monteront jusqu’à 30 000 hommes. Les Américains tiennent donc le territoire sans le moindre appui de leurs propres troupes terrestres ! Champ de bataille stratégique, le Laos est désormais labouré par les B52. Pendant neuf ans, la zone connaîtra une attaque toutes les huit minutes, un déluge de bombes « plus important que sur le Japon et l’Allemagne réunis au cours de la Seconde Guerre mondiale ».  »

Encore maintenant, l’ethnie Hmong qui aida les ricains à l’époque (de gré ou de force) est en train d’être exterminée dans un silence général. Les derniers représentants survivent dans la forêt, ne pouvant cultiver leur nourriture puisqu’étant pourchassés et abattus sans sommation. Même les enfants. Merci à la CIA de nous faire vivre dans un monde passionnant ! smiley 

Voici le message d’un des derniers survivants (source WP) :

Objet : Requête pour la survie
Parce que nous avons participé aux côtés des Américains à la guerre du Vietnam,
Parce que nous avons aidé les Français en leur temps,
Et parce que nous avons suivi notre chef le général Vang Pao,
Nous supportons encore, en cette année 2005, le fardeau de tous ces tourments du passé.
Nous sommes à bout de forces . Nous mourons de faim. Nous sommes sans défense face à cette tuerie.
Ainsi, je donne procuration à Cyril et Grégoire (1) pour délivrer, en notre nom, ces deux requêtes auprès des gouvernements concernés.
Premièrement : acheminer des vêtements des vivres et faire pression sur le gouvernement laotien pour obtenir un cessez-le-feu.
Deuxièmement : procéder à notre transfert vers d’autres pays.
Nous sommes les victimes des guerres passées.
Merci. Signé groupe CIA numéro trois (2)

Les autorités concernées par l’appel au secours n’ont acheminé ni vêtements, ni vivres, et n’ont entrepris aucune démarche de rapatriement des populations vers d’autres pays7. Aujourd’hui, l’extermination des Hmongs par la faim, les maladies et les armes, se poursuit toujours.

(1) auteurs du reportage Guerre secrète au Laos (Envoyé spécial, 2005)
(2) nom de leur ancien employeur durant la guerre du Vietnam

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