• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Marc Bruxman

sur La culture geek


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Marc Bruxman 2 février 2012 19:17

Bonjour Mycroft,

Merci pour ce commentaire constructif. 

Je suis d’accord avec vous concernant l’exclusion initiale des geeks aux USA et je l’ai effectivement cité dans l’article. Concernant le fait que les geeks peuvent se montrer utile je ne pense pas que cela soit la seule raison du fait qu’ils sont beaucoup moins discriminés. Certains aspects de leur mode de vie qui pouvait faire passer pour un frappadingue ne serait ce qu’au début des années 90 se sont banalisés. Et même s’il y a toujours une différence geek / non geek, elle tend à se réduire. Le but de mon article était justement d’insister sur le fait que cette culture née dans la marginalité comme vous le dite a été pour partie adoptée dans la culture « mainstream ». Cela a des conséquences à la fois pour les geeks mais également pour les non geeks.

Concernant les principes de liberté je ne suis par contre pas vraiment d’accord avec vous. Effectivement la recherche de liberté a souvent une source qui est la recherche de l’efficacité mais elle est souvent vantée en tant que telle. Concernant les restrictions imposées « pour raisons de sécurité » sont avant tout à but technique. Pour garantir la libre circulation de l’information, il faut garantir la sécurité de l’infrastructure sous-jacente. Comme vous le dites, ces restrictions ont souvent une origine technique pas philosophique.

Et c’est la que l’on revient au point de vue libertarien que vous me reprochez de trop mettre en avant. Les libertariens n’ont jamais dit qu’il ne fallait pas de lois et se démarquent en ce sens des anarchistes. Ils reconaissent en général l’existence d’un monopole de la violence légitime tenue par l’état. Ils jugent par contre que toute loi doit avoir pour objet de garantir les libertés individuelles et ne doivent pas être pris au détriment de la liberté d’une autre partie de la population. Le fait de mettre des régles que ce soit pour la sécurité du réseau et/ou des biens ou de créer des régles autour du logiciel libre (puisque la GPL est une licence restrictive) sert juste à garantir la liberté de l’ensemble des personnes.

"Un geek sait en effet que limiter l’accès à une ressource qu’on peut multiplier à l’infini n’a, du point de vu de l’intérêt collectif, absolument aucun sens. Il lutte donc contre ces restriction. Pas pour lutter pour la liberté, mais pour lutter contre la bêtise."

Il y a effectivement une dualité entre l’utilitarisme et le coté moral. Ceci me semble omniprésent dans la culture geek.

Concernant l’opposition entre le geek et le diplomé, je me suis mal exprimé. Les geeks ne récusent pas les diplomes, ils en ont effectivement beaucoup. Ils récusent par contre l’utilisation du diplome comme outil de ségrégation sociale. Un autodidacte sera généralement bien vu dans la communauté tant qu’il a acquis la maîtrise technique et scientifique que l’on attend de lui. Et il y a de nombreux cas ou cela se passe mal pour eux dans le système scolaire qu’ils jugent souvent ennuyeux. Mais plus on monte dans la hiérarchie des études, plus l’environnement leur devient favorable.

Je ne suis par contre pas d’accord avec vous sur le fait que Facebook et/ou Apple ne seraient pas populaire chez les geeks. Il y a effectivement des geeks qui méprisent ces deux entreprises probablement parce qu’elles permettent à monsieur-tout-le-monde de faire facilement ce qu’ils fesaient déja depuis des années. Mais il y a aussi beacuoup de fanboys d’Apple dans la population geek et même beaucoup d’utilisateurs de facebook. Disons pour simplifier qu’il existe des courants et que cette population n’est pas homogéne (et heureusement). 

Concernant Peter Thiel, son statut de mécéne suffit à en faire quelqu’un d’important pour la communauté. Ainsi même si j’ai pu écrire que les avocats étaient souvent vus comme nuisibles par cette communauté, je pense que la plupart des geeks ont une très bonne opinion de Lawrence Lessig et qu’ils le considérent comme un des leurs.

Enfin, je n’ai effectivement pas parlé (et j’aurais du) du registre du rêve et de la place du virtuel qui est effectivement une part importante de cette culture. Et j’ai surement oublié beaucoup d’autres choses, difficile de tout traiter dans un article.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès