Dans la proskynèse que François Asselineau avait évoquée ici face au cas de Hollande se rendant à l’Emir du Qatar (Ou à quelque Clinton), il ressort que face à un public, un roi se faît lécher les pieds par quelqu’un.
Ce qui poserait donc que ce quelqu’un serait soumis à ce roi.
Certes.
Mais encore faut-il être quelqu’un pour que le roi trouve un intérêt à ce léchage. Qu’on veuille bien considérer ce fait et on verra quelque chose de bien plus équilibré que ça n’en a l’air et qui ne mérite aucune hystérisation jalouse.
Soyons clairs, le peuple français souffre et il fantasme que ses Chefs accourent à son chevet. Nous les gueux, nous fantasmons qu’enfin nos chefs ne nous prennent pas pour des cons à jeter et qu’ils nous placent au tout premier rang des importances. Tout ce qu’ils feraient qui n’irait pas exactement en ce sens, nous vexe de jalousie.
Nous voulons que notre bulletin d’individu soit sur-précieux lors de chaque élection et nous rageons de voir les candidats sembler câliner quelques autre électeurs en nous donnant alors l’impression que note bulletin n’est que 60 millionièmement minoré.
Les présidentielles excitent nos jalousies. Si nous ne posons pas ce fait, nous ne disons rien.
Le lécheur est donc aussi important que le léché. Lécheur et léché se distinguant non plus exactement en termes de génuflexion physique mais en termes de déplacement. Celui qui se déplace étant le lécheur.
Or en démocratie, un candidat, avant de devenir chef, c’est certes quelqu’un qui doit parler le menton levé, mais qui doit mendier les bulletins. A signaler alors le cas extrêmement spécial de tout président sortant qui devrait rester sur son trône mais qui se retrouve oublié de mendier s’il se représente.
Et en termes d’efficacité de mendicité ou sollicitation, le mieux, César ne me contredirait pas, consiste, faute de temps et d’ubiquité, de mendier les groupes d’électeurs, les communautés.
Il est très, très normal que les candidats aux présidentielles, surtout s’ils se proposent d’être rassembleurs, d’aller porter des chocolats à toutes les communautés, à toutes les sortes de communautés.
La chose n’est ennuyeuse que pour le président sortant qui se représente. Là c’est vraiment moche parce qu’il porte deux casquettes.
Mais même en portant deux casquettes, celle de Président et celle de candidat, s’il fait le tour des communautés avec ses chocolats, il doit se surveiller à traiter chaque communauté pour ce qu’elle est dans le périmètre national. Seulement dans ce périmètre.
Un Président ne doit pas se rendre chez un Dalaï Lama avec des chocolats et lui dire, devant tout le monde « Je suis à vos côtés dans votre combat contre la Chine »
Un Président sortant peut apporter des chocolats aux Juifs de France et ne les y considérer qu’en tant que Juifs français + Juifs non français en transit ici mais il ne doit pas les considérer comme des Israéliens, pas même comme des pro-israéliens et encore moins pour des sionistes. Parce qu’il est le chef de notre Etat, il ne doit en aucun cas citer Israël autrement que depuis l’Elysée, le MAE ou devant une organisation internationale comme l’ONU. Et idéalement, il devrait le faire par la bouche de son MAEtrangères
Napoléon 1er, en encadrant les Juifs installés dans l’Empire (qui étaient entre eux souvent fâchés) , comme il avait encadré les autres communautés religieuses, avait démontré que cette communauté était importante, qu’il fallait la considérer.
Mais aucune des communautés religieuses encadrées en consistoire n’était en train de fomenter un principe d’établissement en Etat quelque part.
Napoléon n’a eu à considérer des communautés que leur dimension religieuse, coagulante et économique. Pas question de politique territoriale. Pas question de prendre partie pour des querelles intra et inter communautaires.
Mais voilà que depuis 1943 est né le CRIF et que depuis la fondation d’Israël et son conflit avec les Palestiniens, cette organisation profane a tendance à dépasser en importance le Consistoire Juif, toujours strictement religieux, qui existe toujours. Et c’est donc à ce CRIF politique que nos candidats portent des chocolats.
Et c’est catastrophique d’un point de vue républicain quand parmi ces candidats livreurs de chocolats se trouve le Président en exercice.
Evidemment qu’il y a confusion des genres et le CRIF sait parfaitement jouer de ses multiples étiquettes ou allures pour se justifier et légitimer. A 9 h il sait se montrer plutôt religieux, à 12h plutôt économique, à 15 h plutôt politique, à 20h plutôt médiatique, à 22h plutôt victime. A égarer tout le monde, Président hystérisé compris.
Pour autant, prenons acte de cette faiblesse de Sarkozy mais gardons notre calme républicain.
Et si les palestiniens avaient eux aussi monté leur dîner CRIPF que se serait-il passé ?
Hollande et les autres candidats entrants y seraient allés de leur chocolats aussi mais sans y tenir discours solennel. Pas de problème.
Et notre Président sortant ? Il s’y serait sans doute rendu mais n’aurait forcément pas pu tenir un discours solennel en « La Palestine est un miracle ».
La coupe aurait alors été débordée.
En l’occurrence l’AFPS n’ayant pas eu à subir un tel camouflet, a pu continuer à ronger son os et Jean-Claude Lefort s’est contenté d’écrire une lettre à notre Président en évoquant certes cette soirée au CRIF mais sans rien dire sur le « Israël est un miracle » et préférant ne rappeler du discours que les miettes lui offrant quelques espoirs de soutien politique de la part de la France :
C/C
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Paris, le 10 février 2012
M. Nicolas Sarkozy
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Monsieur le Président,
Avant hier soir, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vous avez prononcé un discours dans lequel vous avez évoqué fortement la situation au Proche-Orient.
Vous avez notamment déclaré : « Le Quartet a échoué. Il faut changer de méthodes et accélérer le calendrier. » Et vous n’avez pas manqué de souligner, très justement, que la sécurité d’Israël passait par « l’existence à ses côtés d’un Etat palestinien démocratique, viable et moderne. »
Comme vous le savez les négociations n’avancent pas du tout entre Palestiniens et Israéliens, et il en résulte sur le terrain une aggravation de la situation qui a été soulignée avec force par les Chefs de mission de l’Union européenne en poste à Jérusalem.
A l’ONU, devant l’Assemblée générale, vous déclariez en septembre dernier qu’il fallait fixer un délai - six mois, aviez-vous dit – pour un accord sur les frontières et la sécurité. C’était le 21 septembre 2011.
Quatre mois après : on n’a pas progressé d’un millimètre, si bien qu’aucun accord n’est en vue, ni sur les frontières et la sécurité, ni sur le reste.
Accélérer le calendrier, comme vous le proposez à juste titre, suppose des actes.
C’est pourquoi vous devriez revoir la position que vous aviez défendue en septembre, aussi bien votre refus de l’admission de la Palestine comme État membre de l’ONU que votre proposition de lui proposer un « strapontin » d’État non membre qui, de surcroît, ne pourrait même pas ester devant la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale.
L’heure est venue de dire votre plein soutien à la demande d’admission de la Palestine à l’ONU dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale.
Voilà qui accélérerait le calendrier et qui changerait la méthode. C’est ce que nous ne cessons de dire, inclus dans l’intérêt d’Israël.
La France doit dire désormais, et sans plus attendre, « oui » à la Palestine à l’ONU ! Une Palestine de plein droit !
Certes les États-Unis agitent la menace d’utiliser leur veto. Nous écrivons ce jour au président Barak Obama pour lui rappeler qu’il n’est pas de veto possible en cas d’admission d’un nouvel Etat aux Nations unies, dès lors que le point IV de la Charte est respecté par l’Etat qui en fait la demande.
Jamais un État n’a usé de son droit de veto pour s’opposer à l’admission d’un nouvel État aux Nations unies, pour cette « simple » raison qu’une telle démarche serait contraire à la Charte ! Les Américains eux-mêmes, dès 1947, déclaraient justement par la voix de leur ambassadeur à l’ONU : « « Je ne pense pas que les auteurs de la Charte aient jamais voulu donner à un Etat le droit de s’opposer, pour des raisons étrangères à la Charte, à l’admission d’un pays que les autres États membres des Nations unies jugeraient digne d’être admis. II y a là, indiscutablement, un abus du droit de veto. » (Conseil de sécurité, procès- verbaux n° 81, 190e et 191e séances 1947, p. 2133).
Washington a d’ailleurs respecté et réaffirmé cette conception de manière constante depuis 1947.
L’heure est donc venue d’oser la paix et d’accélérer une reprise des négociations qui ne peuvent aboutir que si ce point est acquis : la reconnaissance de la Palestine comme État dans les frontières de 1967. Les négociations laisseront le champ libre aux ajustements souhaités et non pas imposés. Ce n’est pas notre affaire. Par contre c’est l’affaire de l’ONU, c’est même sa mission, que de dire, d’affirmer le droit et de le faire respecter.
La Palestine doit donc être admise à l’ONU – telle est la seule voie aujourd’hui praticable, l’échec de tout autre chemin étant constaté. Nous vous demandons, en conséquence, que la France déclenche, en tant que telle et avec ses partenaires européens potentiels une offensive diplomatique sans précédent pour aboutir dans les meilleurs délais au résultat incontournable qui peut seul « décoincer » la situation : l’admission, comme État de plein droit, de la Palestine à l’ONU.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à notre ardente volonté de paix basée sur la justice et à l’expression de nos sentiments distingués.
Jean-Claude Lefort
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