Yvance 77 ... Vous me citez Chirac, Balladur, 1995 donc. Mais ce n’est pas la même configuration ! Il n’y avait pas là, de candidat sortant. Il faut comparer ce qui peut l’être, voyez.
Donc et par conséquent avec Giscard se représentant en 1981, Mitterrand en 1988 et Chirac en 2002.
Sauf que, dans les deux derniers cas, nous étions dans une période de cohabitation : Mitterrand/Chirac en 1986/88 et Chirac/Jospin en 1997/2002. ce qui change considérablement la donne...
Qui plus est, en février 1995, Balladur avait déjà perdu de sa superbe. Dans les sondages. Il n’était plus le favori. Sa chute avait commencé dès la dernière semaine de janvier, et ne s’arrêtera plus.
Vous savez ce qu’a dit Giscard quand il s’est à nouveau déclaré ?
Ceci :
« Nous venons de connaître la crise la plus importante de ces cinquante dernières années ».
Marrant, non ?
Nonobstant le fait que c’était pas faux (deux chocs pétroliers, et vlan, inflation, déficit, dette, chômage - tout pareil qu’aujourd’hui, quoi) son bilan était difficile à défendre. Et celui de Sarkozy, il n’est pas difficile à défendre ! Il est pratiquement insurmontable.
Vous me parlez des médias. Oh, vous savez, beaucoup ont tourné casaque. Il reste quoi ? BFMTV, Le Figaro, Le Point, Tf1 (et encore !) ...
Quant à hier soir, je vous l’accorde, Sarkozy a été bon. C’est certainement un des politiques qui maîtrise le mieux l’outil télévisuel. Mais creusez ... Les propositions ! La prime pour l’emploi ! Un grand numéro de bonneteau. Et quand bien même, que ne l’a-t-il pas fait avant !
Le RSA ... 7 heures hebdo de travail d’intérêt général ... Un « succès » qu’il dit (là où c’est expérimenté). Ah bon ? Où sont les chiffres ? Intox !
Et alors, la rémunération des grands patrons, les retraites chapeau, les parachutes dorés, tous les ans, depuis cinq ans, il nous sort le même couplet ! Eh, oh ! Tu l’as vu, c’lui-là ?
Alors oui, grand numéro, un acteur énorme, un grand comédien, mais le passif, lui, est trop lourd. Avec ce genre de propositions, il ne trompera que les gogos. Avec ce type d’annonces, il sauvera sa place au second tour, c’est tout. Mais après, c’est fini.
En vérité, ce n’est pas tant Hollande qui va gagner. C’est plutôt Sarkozy qui va perdre. C’est une histoire de contexte. Du reste, il n’y a pas de désir d’Hollande. Mais je l’ai déjà dit...