Mélenchon veut apparaître
comme l’homo novus de la plèbe, mais il a quand même derrière lui
quelques dizaines d’années d’un cursus politique des plus
ordinaires. Il aura même été ministre de l’Education nationale !
Comme il s’était contenté, à ce poste, d’expédier les affaires
courantes sur le grand chantier des démolitions en cours, il est
bien possible qu’on ne s’en souvienne plus. Il est aussi le tribun
d’un deuxième « Front », dont la rhétorique fumeuse n’a
pas grand chose à envier, il faut bien le dire, à celle du sinistre
inventeur de l’autre. Bref, ce folklorique ami du peuple, ce
sans-culotte d’un nouveau genre, ami aussi de Cuba et de tout ce que
le socialisme a pu produire de plus monstrueusement autoritaire,
ressemble à ces dominants du crétacé dont une comète eut enfin
raison.
L’idée ne me viendrait certes pas de
voter pour Sarkozy, encore moins pour le gauche imitateur d’un
vieil émule du Maréchal - ou pour l’extrême centre ! -, mais je
préfèrerais quand même devenir cul-de-jatte plutôt que voter pour
le dernier fantôme d’une gauche d’opérette. Quand il n’est plus
possible de voter, on ne vote pas.
Il n’y a plus de gauche, en
France, et Mélenchon en est réduit à devenir, tout comme son
adversaire de l’autre Front, le porte-drapeau du ressentiment social.
Ce n’est pas avec ce type de ressort qu’on peut faire marcher une
politique. Ce qu’il pourrait probablement faire de mieux pour la
France, ce serait de récupérer ses meilleures petites phrases de
campagne pour monter un spectacle de café-théâtre au fond de la
province.