Bonjour Mike Gallantsay,
super article dont la première partie est un régal qui se lit avec aisance ... et dont la seconde est un douloureux réquisitoire contre le colonialisme britannique.
Vous écrivez : « Ce billet doit tout au livre terrible et superbe de l’historien américain Mike Davis : Génocides tropicaux » . A ce sujet, permettez moi de vous conseiller la lecture des « Romans maritimes et exotiques » de Jack London, un recueil de nouvelles et romans publiés Aux éditions Robert Laffont en 1995 où l’on retrouve la confirmation de la cruauté britannique évoquée ici.
Vous avez cité le « Anti-Charitable Contributions Act menaçant de peines de prison « quiconque prendrait l’initiative de donations privées susceptibles d’interférer avec le mécanisme de fixation du prix des céréales par le Marché »
A ce sujet, je voudrais faire remarquer que ces peines de prison sont en contradiction flagrantes avec le principe de la main invisible ! De sorte que l’on peut affirmer que le principe de base du libéralisme est violé sans vergogne par ses propres adorateurs.
Ce matin, Jean-Louis Bourlanges, grand disciple parmi les grands disciples, officiant avec ses réguliers comparses de sa chapelle tous les dimanches matin après la messe sur France Culture, évoquait lui, un « Libéralisme d’attrition ».
Ne connaissant pas ce mot, je vous livre les deux définitions qu’en donne mon petit Larousse : « 1. Théol. Chrét. Regret d’avoir offensé dieu, causé par la crainte du châtiment éternel. Syn. contrition imparfaite. 2. Milit. Forme de stratégie par laquelle on recherche l’épuisement des ressources humaines et matérielles de l’adversaire. »
Comme je pense que c’est la deuxième définition qui est pertinente, je dirai que JLB était peut-être, au seuil d’une révolution, et par crainte du châtiment populaire, en train d’exprimer une attrition personnelle (au sens 1, évidemment).
Cette expression : « libéralisme d’attrition » mérite d’être confrontée à la pensée profonde de l’inénarrable Alain-Gérard Slama pour qui « Les deux valeurs valeurs cardinales du libéralisme sont la liberté et la croissance ». Avec JC Michéa, remarquons que cette définition est clairement celle du libéralisme. A quand la démocratie d’attrition, messieurs Bourlanges et Slama !?
De fait, je dirai pour leur faciliter la tâche, que cette démocratie-là est celle qui s’exerce à Bruxelles, celle des marchés qui votent avec leurs pieds, mais tous les jours sans lâcher sa proie aussi sûrement qu’une bande de prédateurs affamés poursuivant sans relache les bêtes les plus faibles du troupeau sans souci de détruire le cheptel tout entier : ventre affamé n’a pas d’oreilles, la cupidité non plus.